Quelle est l'empreinte carbone d'une voiture ?

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L’accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère est l’une des principales causes du réchauffement climatique. Or, les transports, et principalement la voiture, sont la première source d’émissions de gaz à effet de serre en France. Il est donc important de connaître l’empreinte carbone de son véhicule afin de pouvoir réduire son impact sur l’environnement.


Calculer l’empreinte carbone d’une voiture

L’empreinte carbone est un indicateur mesurant la quantité de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère due à une activité. En 2018, l’empreinte carbone en France d’une personne sur l’année était en moyenne de 11,2 tonnes de CO2 équivalent, dont plus d’un tiers est dû au transport. 80% de ces gaz à effet de serre sont liés au transport routier, dont 80% aux voitures particulières.

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Parmi les transports privilégiés par les français, la voiture occupe une place de choix. En effet, selon l’ADEME, les Français se déplacent à 77% en voiture contre 11% en train, 8,8% en transport en commun, 1,8% en avion et 1,6 en deux-roues motorisées. La voiture est donc responsable d’une part non négligeable de notre empreinte carbone.

Depuis quelques années on observe une forte augmentation du nombre des transports motorisés en France, dont la voiture. En effet, le mode de vie des Français a beaucoup changé les poussant à se déplacer plus souvent.

Si l’on prend l’exemple de l’étalement des villes, de nombreuses personnes s’éloignent de leur lieu de travail pour vivre dans un logement moins coûteux. En plus de rallonger les distances domicile-travail, une dépendance à la voiture s’est installée due à la mauvaise desserte de certains logements. Tous ces déplacements nécessitent de brûler du carburant et produisent donc des gaz à effet de serre, ce qui joue un rôle important dans l’accentuation du changement climatique et de la pollution de l’air.

Impact Carbone Voiture

Cependant, calculer l’empreinte carbone d’une voiture n’est pas aussi simple et ne se résume pas uniquement au litre d’essence consommé. Il faut prendre en compte en réalité :

  • Les émissions liées à la production en amont du carburant de la voiture ;
  • Les émissions liées à la combustion du carburant quand celle-ci est nécessaire ;
  • Les émissions liées aux matériaux utilisées pour la fabrication du véhicule.

Ainsi, peu importe le type de modèle, le bilan carbone d’une voiture n’est jamais nul, y compris pour une voiture électrique. Pour aider les particuliers à minimiser l’empreinte carbone de leur véhicule, l’ADEME dresse les listes des véhicules essence, Diesel et hybrides non rechargeables les moins émetteurs de CO2, pour les 10 premières valeurs d'émissions de CO2 dans un palmarès annuel.

Les particuliers peuvent de même avoir une idée des émissions de CO2 produites par leur voiture par d’autres moyens comme :

  • L’étiquetage énergétique obligatoire sur les véhicules à la vente informant sur la consommation moyenne de carburant du véhicule et sur le taux de CO2 émis par kilomètre ;
  • La carte grise de la voiture qui indique le taux d’émissions de CO2 par kilomètre depuis 2004.

Le gouvernement a mis en place un simulateur permettant aux particuliers de connaître le taux d'émissions de dioxyde de carbone de sa voiture.

On retiendra que généralement plus une voiture est légère, moins elle nécessitera d’énergie pour la faire fonctionner. Le type d’énergie utilisée pour faire fonctionner le véhicule est également un point important à prendre en considération.

Distinguer le type de voiture : moteur thermique, électrique ou hybride ?

L’empreinte carbone d’une voiture est donc très élevée. Cependant, elle varie en fonction du type de voiture. Moteur thermique, électrique ou hybride, tous n’ont pas le même impact carbone.

L’empreinte carbone d’une voiture thermique : GPL, essence ou diesel ?

Les principales voitures thermiques en France roulent à l’essence, au diesel, au Gaz de Pétrole Liquéfié (GPL) ou au bioéthanol (E85). Leur impact sur l’atmosphère est dû en majorité à la production en amont de l’énergie fossile et à la combustion du carburant au moment de l’utilisation du véhicule.

  • Les voitures à essence ont une empreinte carbone relativement élevée. Cela est dû au taux de CO2 libéré par la combustion d’essence qui est de 2,9 tonnes de CO2 tep (tonne équivalent pétrole). Elles produisent en moyenne 200 gCO2e/km.
  • Les voitures diesel consomment moins de carburant et émettent donc moins de gaz à effet de serre. Leur empreinte carbone est ainsi moins élevée avec une moyenne de 190 gCO2e/km. Elles sont très critiquées à cause du nombre élevé de particules fines qu’elles émettent et qui polluent beaucoup et qui sont très mauvaises pour la santé. Pourtant, elles sont les plus représentées sur les routes françaises.
  • Les voitures GPL consomment jusqu’à 30% de plus de carburant que les voitures à essence, et produisent presque autant de CO2 que les voitures diesel mais très peu de particules fines. Leur inconvénient est qu’elles émettent beaucoup de monoxyde de carbone (CO), un gaz très toxique.
  • Les véhicules à l’E85 rejettent relativement peu de CO2 dans l'atmosphère (180 gCO2e/km). En effet, le bioéthanol (E85) est un biocarburant d’origine végétal. Ainsi, le CO2 émis lors de sa combustion est en grande partie déjà capté lors de la croissance de la plante. Ce biocarburant, en plus de compenser ses émissions de CO2, est moins cher que l’essence ou le diesel. Il n’est cependant pas très développé en France à cause de son réseau de distribution limité et du petit nombre de véhicules compatibles sur le marché français.

Qu’est-ce que la tonne d’équivalent pétrole ?La tonne d'équivalent pétrole (tep) représente la quantité d'énergie contenue dans une tonne de pétrole brut. Le pétrole est utilisé pour exprimer dans une unité commune la valeur énergétique des diverses sources d'énergie, converties alors en équivalent pétrole.

Pour 10 000 km parcourus
Motorisation Consommation (en litre) / 100 km kg de CO2
Essence 6 L 2 000 kg de CO2
Diesel 5 L 1 900 kg de CO2
GPL 7,5 L 1 920 kg de CO2
E85 7,5 L 1 830 kg de CO2

Voiture électrique et empreinte carbone

En France, l’empreinte carbone d’un véhicule électrique est deux fois moins élevée que celle d’une voiture thermique car il émet une partie du CO2 au moment de la production d’électricité qui es réalisée majoritairement par la filière du nucléaire en France émettant très peu de CO2 dans l’atmosphère. En revanche, 75% de son empreinte carbone est due à sa fabrication qui comprend l’utilisation de matières premières et leur assemblage pour produire ses composants (par exemple, la batterie).

Ainsi, son empreinte carbone n’est pas nulle comme l’on pourrait le croire. Par exemple, une voiture électrique coeur de gamme produira 103 gCO2e/km en moyenne.

Quelle est l’empreinte carbone d’une voiture hybride ?

Empreinte Carbone Voiture Hybride

Les voitures hybrides sont des véhicules qui utilisent deux sources d’énergies différentes pour se déplacer. Elles combinent en effet un moteur électrique et un moteur thermique (diesel ou essence) : le moteur électrique assure le démarrage et jusqu'à atteindre une certaine vitesse, puis le moteur thermique prend le relais.

Combinant moteur électrique et moteur thermique, elles s’adaptent en fonction de l'utilisation du véhicule et évitent ainsi une surconsommation en carburant. Elles ont donc l’avantage de profiter du réseau de distribution de carburant ponctuellement, tout en émettant moins de CO2.

Afin de répondre à certaines craintes du manque d’autonomie des voitures hybrides, des véhicules hybrides rechargeables ont été lancés sur le marché. Ils possèdent des batteries de plus grande capacité qui peuvent rouler avec le moteur électrique sur plus de kilomètre et à une plus grande vitesse. Elles ont l’avantage de se recharger tout en roulant, bien que cela consomme plus de carburant.

Par exemple, un véhicule hybride coeur de gamme produira entre 73 et 232 gCO2e/km selon de son type de propulsion hybride (mild, full, plug-in…).

La voiture hybride est donc un moyen de transition vers des voitures plus responsables et indépendantes des énergies fossiles.

L’impact CO2 de la voiture dans le monde

Selon le taux d’occupation moyen d’un pays et son mix électrique, une voiture à essence, électrique ou hybride n’aura pas le même impact CO2 :

  • Le taux d’occupation moyen d’un pays correspond au nombre de passager : les pays qui polluent le plus via les voitures à essence sont généralement ceux dont les habitants voyagent seuls en voiture.
  • Le mix électrique du pays : les émissions en amont d'électricité utilisée pour la voiture est le facteur qui diffère entre chaque pays car il varie énormément d’un pays à un autre. En moyenne, la part des émissions liées à la consommation d'électricité pour une voiture électrique est de 16% sur les émissions totales contre 19% pour une voiture hybride.

Si l’on prend l’exemple de l’Allemagne ci-dessous, il n’est pas pertinent de passer sur un modèle hybride car ce type de véhicule pollue plus en moyenne qu’un véhicule à essence.

CO2 eq/passager/km Voiture essence Voiture hybride Voiture électrique
France 293 190 112
Belgique 305 255 156
Allemagne 357 412 260
Espagne 424 367 224
Australie 293 485 314

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Réduire les émissions de CO2 liées à la voiture

Se déplacer de manière responsable, c’est avant tout choisir le mode de déplacement le mieux adapté à ses besoins parmi l’ensemble des offres de mobilité (marche, vélo, transports en commun, train, covoiturage…).

Bien choisir et entretenir son véhicule

Si l’on ne peut se passer de la voiture, il est important de bien choisir son véhicule à l’achat, d’optimiser son utilisation et de l’entretenir régulièrement. Ces actions sont déterminantes pour limiter l’impact carbone de sa voiture sur l'environnement.

  • Bien choisir son véhicule à l’achat : le taux de CO2 produit par une voiture est proportionnel à sa consommation d’énergie. C’est pourquoi il est aussi important de réfléchir à ses besoins avant d’acheter un véhicule et, si possible, d’en privilégier un peu consommateur.
  • Prendre soin de son véhicule et l’entretenir régulièrement : tout véhicule est vendu avec un carnet d’entretien détaillant les bonnes consignes à respecter pour bien entretenir son véhicule. Une voiture mal entretenue peut entraîner une surconsommation de carburant de 10%. Entretenir son véhicule permet donc de réduire considérablement sa consommation énergétique et de faire des économies en carburant.

Des aides financières pour une mobilité plus verte

Entretien Voiture Economie

Afin d’encourager une mobilité plus écologique, certaines aides financières ont été mises en place par l’état français :

  • La subvention pour les transports en commun : elle couvre au moins 50% du coût des abonnements des salariés qui prennent les transports en commun quotidiennement pour se rendre sur leur lieu de travail, et est obligatoire.
  • Le forfait mobilité durable: tout comme l'indemnité kilométrique vélo (IKV) qu'il remplace, ce forfait n’est pas obligatoire. Il permet une prise en charge des frais de trajets des salariés utilisant un moyen de transport alternatif comme le vélo, le covoiturage, les transports publiques (hors abonnement) ou encore les services de mobilité partagée. Le forfait mobilité durable est d’un montant maximum de 400€ par an et par salarié. Une fois qu'il est mis en place, il est exonéré d'impôts et de cotisations sociales.
  • Le bonus écologique et la prime à la conversion : deux aides financières qui incitent les particuliers à investir dans des véhicules plus respectueux de l’environnement. Instauré en 2007, le bonus écologique pour véhicule électrique ou hybride est une aide ayant pour but d’inciter les particuliers à acheter ou louer un véhicule neuf et économe en énergie. Son montant varie selon les émissions de CO2 et le prix du véhicule.

A l’inverse, l’Etat a mis en place une taxe CO2 sur les véhicules les plus polluants, appelée taxe malus. Elle cherche à pénaliser les particuliers qui achète des voitures avec un taux d’émissions élevé. Elle se paie lors de l’immatriculation de la voiture et son montant varie selon le taux d’émissions de CO2 du véhicule. La prime à la conversion pour remplacer un véhicule : cette prime s’ajoute au bonus écologique, lorsqu’en plus d’avoir acheter ou louer un véhicule peu polluant, le particulier met à la casse son ancien véhicule diesel ou essence. Le montant de cette prime varie selon le revenu fiscal du particulier.

Des alternatives durables

Bien que la voiture soit le transport préféré des Français, il en existe de nombreux autres plus écologiques :

  • La marche ou le vélo : des moyens de transports parfaits pour les petits trajets et qui permettent de pratiquer une activité physique régulière. Par exemple, utiliser un vélo plutôt qu’une voiture permet de diviser son empreinte carbone par 13.
  • Les transports en commun : des solutions moins polluantes que la voiture, en particulier pour les trajets domicile-travail.
  • Le train : en plus d’avoir une empreinte carbone plus faible que celle d’un avion ou d’une voiture, et donc d’être économe en énergie, ce moyen de transport limite la pollution de l'air.

Cependant, si l’on doit malgré tout effectuer un trajet en voiture, il est possible de le faire tout en polluant moins :

  • L’éco conduite : changer certains comportements de conduite comme rouler à vitesse modérée pendant les cinq premiers kilomètres ou ne pas abuser de la climatisation est une solutions- pour réduire sa consommation de carburant. En effet, adopter l’éco conduite peut réduire la consommation de carburant du véhicule de 20%, ce qui permet aussi de faire des économies.
  • Le co-voiturage : partager une voiture signifie non seulement faire des économies en carburant, mais aussi réduire les risques d'encombrement et son impact sur la planète.

J'agis pour le climat, Je compense mes émissions de CO2 !Le réchauffement climatique est l'affaire de tous ! Pour compenser vos émissions de CO2 et participer à la transition énergétique, appelez le 01 86 65 54 97.

Les voitures du futur

L’hydrogène et le développement des véhicules électriques

Une voiture à hydrogène est un véhicule à moteur électrique, lui-même alimenté par de l’électricité produite à bord par une pile à hydrogène. En effet, dans la pile, l'hydrogène mis au contact de l’oxygène de l'air donne de l'eau. Cette réaction chimique produit de la chaleur et de l'électricité, ce qui permet à la voiture d'avancer. La voiture à hydrogène a ainsi l’avantage de n’émettre aucun bruit et de ne produire aucune émission polluante ou toxique.

Elle dispose d’une autonomie de plusieurs centaines de kilomètres et le temps de remplissage de son réservoir n’est que de quelques minutes. Cependant, la production d’hydrogène nécessite une importante consommation d’énergie et le ravitaillement en hydrogène des stations-service est très spécifique. C’est pourquoi, dans un premier temps, cette solution pourrait s’avérer plus pertinente pour les camions ou les bus, qui font beaucoup de route et pourraient se recharger dans les stations-services dédiées, que pour les voitures pour particuliers.

L’hydrogène est encore en phase de pré-déploiement, voire d’expérimentation. Les technologies associées à l’hydrogène restent très chères donc peu accessibles. Cependant, d’ici quelques années, l’hydrogène pourrait servir de carburant pour les véhicules électriques équipés de piles à combustibles.

Des biocarburants toujours plus verts

Destinés à remplacer le pétrole dans les véhicules, les biocarburants avancés, dits de “deuxième génération” (2G), sont de nouveaux carburants obtenus à partir de la biomasse. D’origine végétale ou animale, ils utilisent, par exemple, des déchets agricoles, forestiers ou encore organiques. En effet, le CO2 émis, lors de la combustion d’un biocarburant, est compensé antérieurement par les végétaux, lors de leur croissance. Ils compensent ainsi les émissions de gaz à effet de serre, contrairement aux carburants d’origine fossile, et améliorent la qualité de l’air.

Les voitures électriques intelligentes

Limitant la pollution en ville, les véhicules électriques intelligents sont associés à la mobilité du futur. Autonomes et connectés, ils s’adaptent à notre mode de vie tout en répondant à de nouveaux besoins en faveur de l’environnement.

Quelques tests ont été lancés dans certaines villes françaises. Cependant, pour en faire une alternative durable, il faut prendre en compte le mix énergétique du pays. En effet, les voitures électriques ne sont une solution que lorsque l’électricité du pays n’est pas produite majoritairement par des énergies fossiles telles que le charbon.

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