31,8 %
Chine
premier émetteur mondial de CO2
41,3 t
Qatar
record de CO2 par habitant
76,7 %
Énergie
le secteur qui pollue le plus
n°1
Tchad
l’air le plus pollué au monde (PM2.5)

Qu’est-ce qui pollue le plus dans le monde ?

Le secteur de l’énergie pollue le plus dans le monde : il concentre 76,7 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, portées d’abord par la production d’électricité et de chaleur (33,6 %), devant les transports (14,3 %) et l’industrie. Par pays, la Chine arrive en tête avec 31,8 % du CO2 mondial, devant les États-Unis et l’Inde.

Les secteurs qui polluent le plus : énergie, transports, agriculture, industrie

Avant de comparer les pays, il faut regarder les sources de la pollution. Les activités humaines ont relâché un record de 53,2 milliards de tonnes de CO2 équivalent en 2024, selon la base EDGAR de la Commission européenne. La quasi-totalité de ces émissions provient d’une poignée de secteurs :

Répartition des émissions mondiales de gaz à effet de serre par secteur
Secteur Part des émissions mondiales Principales sources
Électricité et chaleur 33,6 % centrales à charbon et à gaz
Transports 14,3 % voitures, camions, avions, navires
Agriculture 12,3 % élevage (méthane), engrais, rizières
Industrie manufacturière et construction 12,2 % combustion d’énergie dans les usines
Bâtiments 6,3 % chauffage et cuisson
Procédés industriels 6,2 % ciment, chimie, acier
Déchets 3,8 % décharges, eaux usées
Source : World Resources Institute — Climate Watch, données 2023. Le secteur de l’énergie (électricité, transports, industrie, bâtiments, émissions fugitives) totalise 76,7 % des émissions mondiales.

Autrement dit, ce qui pollue le plus dans le monde, c’est la combustion d’énergies fossiles : le charbon représente à lui seul 41 % du CO2 énergétique mondial, devant le pétrole (32 %) et le gaz (21 %), d’après le Global Carbon Budget. C’est pourquoi la production d’énergie et les transports sont les deux premiers leviers de réduction de l’empreinte carbone, loin devant les gestes symboliques.

Les pays les plus pollueurs en émissions totales de CO2

Mesurée en volume brut de dioxyde de carbone, la Chine domine très largement : elle a émis 12 289 millions de tonnes de CO2 fossile en 2024, soit près d’un tiers du total mondial. Les États-Unis (12,7 %) et l’Inde (8,3 %) complètent le podium : à eux trois, ces pays génèrent plus de la moitié des émissions mondiales, selon le Global Carbon Budget 2025, qui prévoit d’ailleurs un nouveau record en 2025 (+1,1 %).

Top 10 des pays les plus pollueurs en émissions de CO2 (2024)
Rang Pays Émissions de CO2 (Mt) Part du total mondial
1 Chine 12 289 Mt 31,8 %
2 États-Unis 4 904 Mt 12,7 %
3 Inde 3 193 Mt 8,3 %
4 Russie 1 781 Mt 4,6 %
5 Japon 962 Mt 2,5 %
6 Indonésie 812 Mt 2,1 %
7 Iran 793 Mt 2,1 %
8 Arabie saoudite 692 Mt 1,8 %
9 Corée du Sud 584 Mt 1,5 %
10 Allemagne 572 Mt 1,5 %
Monde 38 599 Mt 100 %
Source : Our World in Data — Global Carbon Budget (2025). Émissions territoriales de CO2 fossile en 2024, hors changement d’usage des sols.

Ce sont les pays les plus peuplés et les plus industrialisés qui trustent le haut du classement : la Chine concentre l’industrie manufacturière mondiale et dépend encore fortement du charbon, les États-Unis restent la première puissance économique, et les émissions de l’Inde augmentent avec son développement. Ces rejets massifs sont la première cause de l’effet de serre d’origine humaine et, avec lui, du réchauffement climatique. La concentration de CO2 dans l’atmosphère a d’ailleurs atteint 424,6 ppm en moyenne en 2024 à l’observatoire de Mauna Loa — la plus forte hausse annuelle jamais mesurée par la NOAA.

Les pays les plus pollueurs par habitant : l’autre visage du classement

Le classement change du tout au tout dès que l’on divise les émissions par la population. Les pays qui émettent le plus de CO2 par habitant sont de petits États pétroliers et gaziers : le Qatar arrive en tête avec 41,3 tonnes par personne et par an, presque neuf fois la moyenne mondiale (4,7 t). Suivent le Koweït, Brunei, Bahreïn et Trinité-et-Tobago.

Émissions de CO2 par habitant en 2024 (tonnes par personne)

Cette métrique bouscule les idées reçues. La Chine, premier émetteur absolu, retombe à une position bien plus modeste avec 8,7 t par habitant, et l’Inde n’atteint même pas la moitié de la moyenne mondiale (2,2 t). Un Américain moyen émet, lui, 14,2 t par an, soit trois fois la moyenne planétaire. Deux facteurs expliquent la domination des pétromonarchies :

  1. 1
    le poids énorme de l’industrie pétrolière et gazière dans leur économie ;
  2. 2
    leur faible population, qui répartit ces émissions sur très peu d’habitants.

Émissions historiques : qui est responsable du réchauffement ?

Le CO2 reste des siècles dans l’atmosphère : le climat actuel — 2024 a été la première année civile à dépasser +1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle, avec +1,6 °C selon Copernicus — reflète donc les émissions cumulées depuis la révolution industrielle, pas seulement celles de l’an dernier. Sur cette métrique, le plus gros pollueur est les États-Unis : environ 435 Gt de CO2 émises depuis 1750, près d’un quart du total historique mondial.

Émissions de CO2 cumulées entre 1750 et 2024
Pays ou bloc CO2 cumulé (Gt) Part du total historique
États-Unis 435 Gt 23,5 %
Union européenne (27) 301 Gt 16,3 %
Chine 285 Gt 15,4 %
Russie 123 Gt 6,6 %
Allemagne 95 Gt 5,1 %
Royaume-Uni 80 Gt 4,3 %
Japon 70 Gt 3,8 %
Inde 66 Gt 3,6 %
Source : Our World in Data — émissions cumulées de CO2 fossile (1750-2024). Total historique mondial : environ 1 849 Gt.

C’est la métrique de la justice climatique : les pays qui se sont industrialisés les premiers ont mis dans l’atmosphère l’essentiel du carbone qui s’y trouve aujourd’hui. La Chine a déjà dépassé chaque pays européen pris individuellement et, selon l’analyse de Carbon Brief, se rapproche du bloc UE-27 — mais le cumul américain reste loin devant. C’est l’argument central des pays en développement dans les négociations autour des rapports du GIEC et lors des COP : qui a le plus émis historiquement doit fournir les plus gros efforts de réduction et de financement.

Les pays les plus pollués : le classement par la qualité de l’air

Ce n’est pas le CO2 qui rend l’air irrespirable, mais les particules fines (PM2.5). Sur ce critère, le pays le plus pollué du monde est le Tchad, dont l’air a affiché en moyenne 91,8 µg/m³ de PM2.5 en 2024 — plus de 18 fois le seuil annuel recommandé par l’OMS (5 µg/m³) — selon le rapport mondial d’IQAir sur la qualité de l’air. Le Bangladesh, le Pakistan, la République démocratique du Congo et l’Inde complètent le top 5.

Pays les plus pollués aux particules fines PM2.5 (2024)
Rang Pays PM2.5 moyen (µg/m³) Dépassement du seuil OMS
1 Tchad 91,8 ×18
2 Bangladesh 78,0 ×15
3 Pakistan 73,7 ×14
4 RD Congo 58,2 ×11
5 Inde 50,6 ×10
Source : IQAir World Air Quality Report 2024, concentrations moyennes annuelles de PM2.5 sur 138 pays et territoires. Seuil annuel OMS : 5 µg/m³.

La carte de la pollution de l’air recoupe à peine celle du CO2. Le Tchad et la RD Congo n’émettent presque pas de dioxyde de carbone, mais subissent les poussières sahariennes, le brûlage des déchets à l’air libre et la cuisson aux combustibles solides. Sur 138 pays analysés, 126 (91,3 %) dépassaient le seuil de l’OMS en 2024 — seuls sept le respectaient, dont l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Estonie et l’Islande. New Delhi est restée la capitale la plus polluée du monde pour la sixième année consécutive, devant N’Djamena au Tchad, toutes deux au-dessus de 90 µg/m³.

Et la France dans le classement ?

La France fait figure de bonne élève parmi les pays industrialisés : environ 4,1 tonnes de CO2 fossile par habitant en 2024, sous la moyenne mondiale et loin derrière l’Allemagne, grâce à une électricité très largement décarbonée par le nucléaire et les renouvelables. Mais ce chiffre territorial ne dit pas tout : selon l’Insee, l’inventaire des unités résidentes atteignait 404 Mt de CO2e en 2024 (5,9 t par personne), tandis que l’empreinte carbone de la France — qui réintègre les émissions importées, plus de la moitié du total — s’élevait à 563 Mt de CO2e, soit 8,2 t par personne. C’est encore quatre fois l’objectif d’environ 2 t par habitant compatible avec l’Accord de Paris.

Pourquoi le classement dépend de la métrique choisie

Il n’existe pas un classement unique des pays les plus pollueurs : chaque métrique raconte une histoire différente, et mieux vaut savoir laquelle est utilisée avant de conclure :

  • Émissions territoriales absolues : ce qui est émis à l’intérieur des frontières de chaque pays. C’est la métrique des inventaires officiels, dominée par la Chine ;
  • Émissions par habitant : les émissions absolues divisées par la population. Elles reflètent le mode de vie moyen et placent en tête les pétromonarchies du Golfe ;
  • Émissions historiques cumulées : la responsabilité dans le réchauffement déjà causé, portée par les États-Unis et l’Europe ;
  • Émissions de consommation : elles réattribuent à chaque pays le CO2 contenu dans ce qu’il importe. Une partie des émissions chinoises bascule alors vers les consommateurs européens et américains, dont les chiffres grimpent d’environ 6 à 10 %, selon Our World in Data ;
  • Qualité de l’air (PM2.5) : la pollution réellement respirée par les habitants, dominée par le Tchad, le Bangladesh et le Pakistan plutôt que par les grands émetteurs de CO2.

Il existe un indicateur encore plus large, l’empreinte écologique, qui mesure toute la pression d’un mode de vie sur les ressources de la planète (pas seulement le CO2) et que calcule le Global Footprint Network : au rythme de consommation actuel, l’humanité aurait besoin de 1,8 planète. C’est pourquoi le jour du dépassement tombe de plus en plus tôt : le 24 juillet en 2025, contre fin septembre au milieu des années 1990.

Que font les plus gros pollueurs pour réduire leurs émissions ?

Les engagements climatiques des grands émetteurs avancent à des rythmes très inégaux :

  • la Chine s’engage à atteindre son pic d’émissions avant 2030 et la neutralité carbone avant 2060. En septembre 2025, elle a annoncé son premier objectif absolu : réduire ses émissions de 7 à 10 % par rapport au pic d’ici 2035 et porter ses capacités éoliennes et solaires à 3 600 GW, selon Carbon Brief ;
  • les États-Unis se sont retirés de l’Accord de Paris pour la deuxième fois : la sortie est effective depuis le 27 janvier 2026, laissant le deuxième émetteur mondial sans objectif climatique fédéral ;
  • l’Inde maintient son objectif de zéro émission nette en 2070, annoncé à la COP26, tout en investissant massivement dans les énergies renouvelables ;
  • l’Union européenne vise la neutralité climatique en 2050 avec le Pacte vert européen et une baisse d’au moins 55 % de ses émissions en 2030 par rapport à 1990.

Pendant que les États négocient, particuliers et entreprises peuvent aussi agir : réduire leur consommation, choisir une énergie verte et compenser leur empreinte carbone en finançant des projets environnementaux certifiés, comme le parc éolien que Selectra soutient en Inde pour remplacer la production d’électricité au charbon.

Questions fréquentes

La Chine est le pays le plus pollueur en valeur absolue : elle a émis 12 289 millions de tonnes de CO2 fossile en 2024, soit 31,8 % du total mondial, selon le Global Carbon Budget. Suivent les États-Unis (12,7 %) et l’Inde (8,3 %). À eux trois, ces pays produisent plus de la moitié des émissions mondiales de CO2.

Le secteur de l’énergie pollue le plus : il représente 76,7 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon les données Climate Watch compilées par le World Resources Institute. La production d’électricité et de chaleur en est la première composante (33,6 %), devant les transports (14,3 %), l’agriculture (12,3 %) et l’industrie manufacturière (12,2 %). Le charbon reste la première source de CO2 énergétique, devant le pétrole et le gaz.

Le Qatar émet le plus de CO2 par habitant : 41,3 tonnes par personne en 2024, presque neuf fois la moyenne mondiale (4,7 t). Suivent le Koweït, Brunei, Bahreïn et Trinité-et-Tobago, tous de petits États producteurs de pétrole ou de gaz. En comparaison, un Américain émet 14,2 t, un Chinois 8,7 t, un Français 4,1 t et un Indien seulement 2,2 t.

Les États-Unis sont le premier pollueur historique : ils ont émis environ 435 gigatonnes de CO2 depuis 1750, soit près de 24 % du total cumulé. Suivent l’Union européenne (environ 301 Gt, 16 %) et la Chine (285 Gt, 15 %). Comme le CO2 reste des siècles dans l’atmosphère, ce sont ces émissions cumulées qui déterminent le réchauffement actuel.

Le Tchad a l’air le plus pollué du monde : sa concentration moyenne de particules fines PM2.5 a atteint 91,8 µg/m³ en 2024, plus de 18 fois le seuil recommandé par l’OMS (5 µg/m³), selon le rapport IQAir sur la qualité de l’air mondial. Le Bangladesh, le Pakistan, la RD Congo et l’Inde complètent le top 5, et New Delhi reste la capitale la plus polluée de la planète.