14 %
de l’électricité mondiale
1re source renouvelable (Ember)
1 296 GW
installés dans le monde
fin 2025 (IRENA)
62,4 TWh
produits en France en 2025
11,4 % de l’électricité (RTE)
1 800 MW
pour Grand’Maison (Isère)
la plus puissante centrale française (EDF)

Avantages et inconvénients de l’énergie hydraulique : le résumé

L’énergie hydraulique est une énergie renouvelable, bas-carbone et pilotable : les barrages stockent l’eau et produisent de l’électricité à la demande, pour un coût d’exploitation très faible. En contrepartie, la construction d’un barrage coûte cher, la production dépend de la pluviométrie et les retenues modifient les écosystèmes des cours d’eau.

Les avantages
  • Une énergie renouvelable et bas-carbone, sans déchets toxiques ;
  • Une électricité pilotable, mobilisable en quelques minutes lors des pics ;
  • Des retenues d’eau multi-usages : irrigation, eau potable, tourisme ;
  • Un coût d’exploitation minime et une très longue durée de vie ;
  • Des retombées économiques durables pour les territoires.
Les inconvénients
  • Un impact réel sur les écosystèmes aquatiques et les paysages ;
  • Une production dépendante de la pluviométrie, très variable d’une année à l’autre ;
  • Un investissement initial très élevé, rentabilisé sur des décennies ;
  • Un potentiel de développement limité en France, les meilleurs sites étant déjà équipés.

L’énergie hydraulique — ou hydroélectricité — est produite par le mouvement de l’eau des fleuves, des rivières et des chutes d’eau. En actionnant des turbines, la force de l’eau se transforme en électricité. C’est l’une des cinq grandes familles d’énergies renouvelables, avec le solaire, l’éolien, la biomasse et la géothermie.

Les 5 avantages de l’énergie hydraulique

Une énergie renouvelable et bas-carbone

Grâce au cycle naturel de l’eau (évaporation puis précipitations), l’eau est une ressource que la nature reconstitue en permanence : son exploitation ne l’épuise pas. L’hydroélectricité est ainsi considérée comme une énergie verte à part entière.

Une fois la centrale construite, la production n’émet quasiment pas de gaz à effet de serre : environ 6 g de CO2eq par kWh sur l’ensemble du cycle de vie selon la Base Empreinte de l’ADEME, contre plus de 1 000 g pour une centrale à charbon. Autre atout, cette fois par rapport au nucléaire : l’exploitation de l’eau ne génère aucun déchet toxique.

Une électricité pilotable, atout majeur face aux pics de consommation

C’est la grande force de l’hydraulique par rapport au solaire et à l’éolien, intermittents par nature : l’électricité des barrages est disponible à la demande. Grâce à l’eau stockée dans les retenues, un barrage peut démarrer sa production en quelques minutes pour répondre aux pics de consommation, notamment en hiver. La centrale de Grand’Maison, la plus puissante de France, peut ainsi mobiliser 1 800 MW en trois minutes seulement, selon EDF.

Les stations de transfert d’énergie par pompage (STEP) vont plus loin : elles stockent l’électricité excédentaire en pompant l’eau vers un bassin supérieur pendant les heures creuses, puis la turbinent lors des pics. Elles constituent aujourd’hui la principale technologie de stockage d’électricité à grande échelle, un maillon essentiel de la transition énergétique.

Des retenues d’eau multi-usages

Un barrage stocke d’immenses quantités d’eau : la retenue de Grand’Maison, en Isère, contient jusqu’à 140 millions de m³. Au-delà de la production d’électricité, ces réserves régulent le débit des cours d’eau, soutiennent l’irrigation agricole et l’alimentation en eau potable lors des périodes de sécheresse prolongée.

En cas d’incendie de grande ampleur, les lacs de barrage servent aussi de réserves où les canadairs peuvent s’approvisionner.

Un coût d’exploitation minime et une longue durée de vie

Si la construction est onéreuse, produire de l’électricité hydraulique coûte ensuite très peu cher : l’eau est une ressource gratuite et les frais d’entretien restent modestes au regard de ceux d’une centrale thermique ou nucléaire. Les ouvrages sont en outre exploités pendant plusieurs décennies : la majorité du parc français, construit au XXe siècle, produit toujours — une fois amorti, son électricité figure parmi les moins chères du mix.

Des retombées économiques pour les territoires

La construction d’un barrage génère de nombreux emplois, et son exploitation fait vivre durablement les vallées : maintenance, redevances versées aux collectivités, implantation d’activités industrielles à proximité.

Les lacs de retenue sont par ailleurs devenus de véritables atouts touristiques : bases nautiques, pêche, randonnée… autant de retombées économiques pour les territoires de montagne, été comme hiver.

Les 4 inconvénients de l’hydroélectricité

Un impact réel sur les écosystèmes

Ériger un barrage est un chantier gigantesque, qui a des répercussions durables sur les écosystèmes : la retenue noie des vallées entières, l’ouvrage bloque la circulation des poissons migrateurs et des sédiments, et les lignes électriques de raccordement marquent les paysages. Dans les régions tropicales, la décomposition de la végétation immergée peut même générer d’importantes émissions de méthane, un puissant gaz à effet de serre.

Pour les très grands projets, des déplacements de population sont parfois nécessaires : des habitants sont contraints de quitter leur lieu de vie avant la mise en eau de la retenue.

Une production dépendante du climat

La production hydroélectrique est conditionnée par la pluviométrie. En France, elle est ainsi tombée à 49,6 TWh en 2022, année de sécheresse historique, avant de remonter à 75,3 TWh en 2024, année exceptionnellement humide, selon les bilans électriques de RTE. Le réchauffement climatique, qui accentue les épisodes de sécheresse et réduit l’enneigement des massifs, fait peser une incertitude croissante sur cette ressource.

Un investissement initial très élevé

La construction d’un barrage coûte extrêmement cher et sa rentabilité ne s’apprécie que sur plusieurs décennies. Dernier exemple en date en France : le projet Rhônergia, sur le Rhône, était estimé à environ 330 millions d’euros avant que l’État n’y renonce fin août 2024, pour des raisons techniques, de sûreté et environnementales, comme le rapporte ID L’Info Durable.

Un potentiel de développement limité en France

Les grandes centrales hydroélectriques exigent un relief marqué et des débits importants : en France, les sites les plus favorables sont déjà équipés, pour l’essentiel dans les Alpes, les Pyrénées et le Massif central. La croissance de la filière repose désormais surtout sur la modernisation des ouvrages existants et la petite hydroélectricité. Signe des temps : fin 2025, la puissance du parc solaire français (30,4 GW) a dépassé pour la première fois celle de l’hydraulique (25,7 GW), selon RTE — les panneaux solaires concentrent aujourd’hui l’essentiel des nouvelles installations.

Quelle place pour l’énergie hydraulique en France ?

62,4 TWh produits en 2025, soit 11,4 % de l’électricité française

Avec plus de 2 000 installations, des microcentrales aux grands barrages alpins, la France est l’un des premiers producteurs d’hydroélectricité en Europe, avec la Suède et la Norvège. En 2025, l’hydraulique a produit 62,4 TWh, soit 11,4 % des 547,5 TWh d’électricité générés dans l’Hexagone, selon le Bilan électrique 2025 de RTE. C’est la première source d’électricité renouvelable du pays, devant l’éolien et le solaire, et la deuxième source d’électricité derrière le nucléaire.

Cette production varie fortement d’une année à l’autre au gré de la pluviométrie, comme le montre le graphique ci-dessous : près de 26 TWh séparent l’année sèche 2022 de l’année humide 2024. L’hydraulique contribue largement au caractère bas-carbone du mix français : 95,2 % de l’électricité produite en France en 2025 était décarbonée, un record historique.

Production hydroélectrique en France de 2022 à 2025 (en TWh)

Les quatre types de centrales hydroélectriques

Le parc hydraulique français combine quatre grandes familles d’installations, aux rôles complémentaires dans le système électrique :

Les quatre types de centrales hydroélectriques en France et leur rôle
Type de centrale Principe Rôle dans le réseau
Centrale de lac Reliée à un barrage, elle stocke l’eau dans une grande retenue Production pilotable, mobilisée lors des pics de consommation
Centrale au fil de l’eau Turbine le débit naturel du fleuve, sans stockage Production continue d’énergie de base
STEP (pompage-turbinage) Deux bassins : elle pompe l’eau vers le haut en heures creuses et la turbine lors des pics Stockage d’électricité à grande échelle
Centrale éclusée Retenue de taille intermédiaire, remplie en quelques heures ou jours Modulation de la production à l’échelle de la journée ou de la semaine

L’hydroélectricité dans le monde : première source d’électricité renouvelable

À l’échelle mondiale, l’hydraulique reste la première source d’électricité renouvelable, avec environ 14 % de la production mondiale, devant l’éolien et le solaire, selon le Global Electricity Review du think tank Ember. Elle a largement contribué au cap historique franchi en 2025 : les renouvelables ont produit 33,8 % de l’électricité mondiale et dépassé le charbon pour la première fois.

Fin 2025, le parc hydroélectrique mondial atteignait 1 296 GW (hors stations de pompage pur), après une progression de 18,4 GW sur l’année — portée à 96 % par la Chine, selon l’IRENA. La production hydraulique mondiale est toutefois restée quasi stable en 2025, signe que la filière croît désormais bien moins vite que le solaire et l’éolien.

Envie de soutenir les énergies renouvelables au quotidien ? De nombreux fournisseurs verts proposent des offres d’électricité verte adossées à des garanties d’origine, notamment hydrauliques — un mécanisme bien expliqué par le blog Mieux Consommer d’ilek.

Questions fréquentes

L’énergie hydraulique est renouvelable, bas-carbone (environ 6 g de CO2eq par kWh selon l’ADEME) et surtout pilotable : les barrages produisent de l’électricité à la demande, en quelques minutes, ce qui en fait un complément idéal du solaire et de l’éolien. Son coût d’exploitation est faible, ses installations durent des décennies et les retenues d’eau servent aussi à l’irrigation, à l’eau potable et au tourisme.

Son impact sur les écosystèmes aquatiques : un barrage noie une vallée, bloque la circulation des poissons migrateurs et des sédiments, et modifie durablement le cours d’eau. S’y ajoutent un coût de construction très élevé et une production dépendante de la pluviométrie, donc fragilisée par le réchauffement climatique.

En 2025, l’hydraulique a produit 62,4 TWh, soit 11,4 % de l’électricité française, selon le Bilan électrique de RTE. C’est la première source d’électricité renouvelable du pays, devant l’éolien et le solaire, et la deuxième source d’électricité derrière le nucléaire.

Parce que sa source, l’eau, est reconstituée en permanence par le cycle naturel de l’eau : l’évaporation alimente les précipitations, qui rechargent les fleuves, les rivières et les retenues. Turbiner cette eau pour produire de l’électricité ne l’épuise pas, contrairement aux énergies fossiles dont les stocks diminuent à chaque utilisation.

Une STEP (station de transfert d’énergie par pompage) est une centrale équipée de deux bassins situés à des altitudes différentes. Quand l’électricité est abondante et bon marché, elle pompe l’eau vers le bassin supérieur ; lors des pics de consommation, elle la turbine vers le bassin inférieur pour produire de l’électricité. C’est aujourd’hui la principale technologie de stockage d’électricité à grande échelle, illustrée en France par la centrale de Grand’Maison (1 800 MW).