Une énergie verte, c’est quoi ?
Une énergie verte est une énergie à la fois renouvelable et faiblement émettrice de gaz à effet de serre : elle provient de sources que la nature reconstitue en permanence (soleil, vent, eau, chaleur du sol, matières organiques) et sa production ne rejette pas — ou très peu — de CO2. Elle s’oppose aux énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel), polluantes et épuisables.
En France, les énergies renouvelables représentent 23 % de la consommation finale brute d’énergie en 2024, selon les chiffres clés du SDES (contre 22,4 % en 2023), pour un objectif européen de 33 % en 2030. Côté électricité, elles ont couvert environ 27 % de la production nationale en 2025 — près de 148 TWh — d’après le Bilan électrique 2025 de RTE. Pour comprendre les grandes familles d’EnR dans le détail, consultez notre guide des énergies renouvelables.
Les sources d’énergie verte
Sept grandes filières fournissent aujourd’hui l’essentiel de l’énergie verte consommée en France.
Le solaire
L’énergie solaire est produite à partir de la lumière du soleil ; il s’agit d’une énergie intermittente. On distingue l’énergie solaire photovoltaïque, qui transforme les rayons du soleil en électricité, de l’énergie solaire thermique, employée pour chauffer un fluide (chauffe-eau solaire, par exemple).
C’est la filière qui progresse le plus vite : le photovoltaïque a produit 32,9 TWh en 2025, soit 6 % du mix électrique français, et la puissance installée (30,4 GW fin 2025) dépasse désormais celle du parc hydraulique, selon RTE. Les particuliers peuvent installer des panneaux solaires chez eux et choisir entre la revente du surplus et l’autoconsommation.
L’éolien
L’énergie éolienne transforme l’énergie cinétique du vent en électricité grâce à des turbines, installées sur terre (éolien onshore) ou en mer (éolien offshore). En 2025, l’éolien a produit 49,6 TWh en France — 43,9 TWh sur terre et 5,7 TWh en mer — soit 9,1 % de la production électrique nationale, d’après le Bilan électrique de RTE. Comme le solaire, c’est une énergie intermittente : sa production varie selon les conditions météorologiques.
L’hydraulique
L’énergie hydraulique est la première source d’électricité renouvelable en France : 62,4 TWh produits en 2025, soit 11,4 % du mix électrique (RTE). Elle transforme l’énergie cinétique de l’eau en électricité via plus de 2 000 centrales hydroélectriques réparties dans tout le pays. Sa production dépend du débit de l’eau et de la pluviométrie : plus l’année est sèche, moins la production hydraulique est importante.
La géothermie
L’énergie géothermique exploite la chaleur de la Terre et des nappes phréatiques via des centrales géothermiques ou des pompes à chaleur eau-eau. C’est l’une des seules énergies renouvelables qui ne soit pas intermittente : elle ne dépend pas des conditions atmosphériques. Selon la profondeur d’extraction, elle sert au chauffage ou à la production d’électricité.
L’aérothermie
L’aérothermie capte les calories présentes dans l’air ambiant, une source naturelle et inépuisable, pour chauffer ou refroidir un bâtiment via une pompe à chaleur. Facile à intégrer dans les logements existants, elle réduit la consommation d’énergie fossile et donc les émissions de gaz à effet de serre.
Le biogaz
La méthanisation des déchets organiques (ménagers, agricoles, agro-industriels) produit du biogaz, essentiellement composé de méthane et de CO2. Une fois épuré en biométhane, il est injecté dans le réseau de gaz naturel ou utilisé comme carburant. La filière est en plein essor : fin 2025, la France compte 803 installations injectant du biométhane dans les réseaux, pour une capacité de 15,5 TWh/an, selon le tableau de bord du SDES.
La biomasse
L’énergie biomasse génère de la chaleur, de l’électricité ou du carburant grâce à la combustion ou la fermentation de matières organiques végétales ou animales. Le bois-énergie en est la principale filière : la combustion du bois de chauffage ou des granulés (pellets) présente un bilan carbone quasi neutre, le CO2 émis ayant été absorbé lors de la croissance de l’arbre. La biomasse n’est toutefois considérée comme renouvelable que si sa consommation reste inférieure à sa régénération.
Comment fonctionnent les offres d’énergie verte ?
Une offre d’électricité verte ne garantit pas que les électrons qui arrivent chez vous sont d’origine renouvelable : toute l’électricité produite — verte ou « grise » — est mélangée sur le même réseau de distribution. Ce que garantit une offre verte, c’est qu’une quantité d’électricité renouvelable équivalente à votre consommation est injectée sur le réseau. C’est le rôle des garanties d’origine.
Le principe des garanties d’origine
Une garantie d’origine (GO) est un certificat électronique qui assure la traçabilité de l’électricité verte : chaque GO atteste qu’1 MWh d’électricité renouvelable a été produit et injecté sur le réseau. En France, le registre national des garanties d’origine est tenu par la bourse européenne de l’énergie EEX, désignée par l’État, dont le mandat court jusqu’en 2029. C’est le seul dispositif reconnu en France pour certifier l’origine renouvelable de l’électricité.
Offres « standards » et offres « premium »
Selon l’ADEME, on distingue deux types d’offres d’électricité verte :
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1
Les offres dites « standards », les plus répandues : le fournisseur achète séparément l’électricité (renouvelable ou non) sur le marché et les garanties d’origine, parfois auprès de producteurs différents. Ces offres n’apportent aucune garantie sur la provenance réelle de l’électricité achetée et contribuent peu au développement de nouvelles capacités renouvelables.
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2
Les offres dites « premium » : le fournisseur achète l’électricité et les garanties d’origine auprès du même producteur d’énergie renouvelable (approvisionnement direct), contribuant ainsi à sa juste rémunération et au bon entretien des installations.
Cette distinction est au cœur des débats sur le greenwashing : une offre « 100 % verte » adossée à de simples garanties d’origine achetées à bas prix peut donner une image écologique trompeuse. Pour y voir clair, l’ADEME a créé le label VertVolt (voir ci-dessous).
Les offres de gaz vert et de gaz compensé carbone
Le même principe s’applique au gaz : le gaz vert (biométhane) injecté dans le réseau est mélangé au gaz naturel, et des garanties d’origine certifient les volumes renouvelables. Souscrire une offre de gaz vert permet de soutenir la filière biométhane française. Parmi les fournisseurs qui en proposent :
- ilek, avec un biométhane produit dans des fermes françaises identifiées ;
- ekWateur, qui laisse le client choisir son pourcentage de gaz vert ;
- elmy, avec son offre Objectif Biogaz ;
- Engie, dont certains contrats gaz incluent une part de gaz vert.
Certains fournisseurs proposent aussi des offres de gaz « compensé carbone » : pour chaque kWh de gaz naturel consommé, les émissions de CO2 correspondantes sont compensées par l’achat de crédits carbone finançant des projets de réduction ou d’absorption de gaz à effet de serre. Notre guide de la compensation carbone détaille ce mécanisme et ses limites.
Le label VertVolt de l’ADEME : repérer les offres vraiment vertes
Lancé fin 2021 par l’ADEME, VertVolt est aujourd’hui le référentiel le plus exigeant du marché français pour les offres d’électricité verte. Il a pris le relais du Guide de l’électricité verte de Greenpeace, dont la dernière édition remonte à 2020. Le label distingue deux niveaux d’engagement.
| Niveau | Ce qu’il garantit | Fournisseurs labellisés (juin 2026) |
|---|---|---|
| Engagé (1 étoile) | Le fournisseur achète à des producteurs français une quantité d’électricité renouvelable équivalente à celle vendue à ses clients. | EDF, Octopus Energy, ilek, elmy, Mint Énergie, la bellenergie |
| Très engagé (2 étoiles) | En plus du niveau 1, une part minimale de l’électricité provient d’installations récentes, à gouvernance partagée ou construites sans soutien public. | Enercoop, Alterna, GEG |
La liste des offres labellisées est mise à jour en continu sur le site de l’ADEME : un fournisseur peut entrer ou sortir du dispositif d’une année sur l’autre. À noter qu’une offre non labellisée n’est pas nécessairement du greenwashing — mais le label reste le moyen le plus simple de vérifier l’engagement réel d’un fournisseur.
Quel fournisseur d’énergie verte choisir ?
Notre section dédiée aux fournisseurs d’énergie verte compare les principaux acteurs du marché. Voici nos guides détaillés des fournisseurs les plus engagés :
Comment choisir son offre d’énergie verte ? Les 4 étapes
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1
Vérifiez le label VertVolt : consultez la liste officielle de l’ADEME et privilégiez, à conviction égale, le niveau « très engagé ».
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2
Distinguez offre standard et offre premium : demandez au fournisseur s’il s’approvisionne directement auprès de producteurs renouvelables ou s’il achète seulement des garanties d’origine.
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3
Comparez le prix du kWh et de l’abonnement avec le tarif réglementé : les offres premium sont souvent légèrement plus chères, c’est le prix de la traçabilité.
-
4
Contrôlez la qualité de service : avis clients, service client joignable, application de suivi de consommation. Le changement de fournisseur est gratuit, sans coupure et sans engagement.
Avantages et inconvénients de l’énergie verte
Les avantages
- Une énergie décarbonée, qui n’émet quasiment pas de gaz à effet de serre ;
- Des sources renouvelables, donc inépuisables à l’échelle humaine ;
- Un levier concret de transition énergétique et d’indépendance vis-à-vis des énergies fossiles importées ;
- Un changement d’offre gratuit, sans coupure et sans engagement.
Les inconvénients
- La plupart des sources (solaire, éolien, hydraulique) sont intermittentes et dépendent de la météo ;
- Les offres « standards » adossées à de simples garanties d’origine ont un impact réel limité (risque de greenwashing) ;
- Les offres premium en approvisionnement direct sont généralement un peu plus chères que le tarif réglementé ;
- Impossible de garantir physiquement que l’électricité consommée chez soi est verte, le réseau mélangeant toutes les productions.