Compensation carbone : définition, concept, utilité et limite

compensation carbone

La compensation carbone consiste à financer un projet environnemental qui permet la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Elle est souvent utilisée comme moyen pour atteindre la neutralité carbone, c’est à dire un point d’équilibre théorique entre la quantité de dioxyde de carbone (CO2) due à une activité et la quantité de CO2 réduite grâce à un projet financé.


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Qu’est-ce que la compensation carbone ?

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La compensation carbone est un mécanisme financier qui permet de soutenir des projets environnementaux favorisant la réduction (ex : un projet éolien) ou la séquestration (ex : un projet de reforestation) de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Par abus de langage, on dit qu’on compense ses émissions de carbone lorsqu’on finance un projet environnemental à hauteur de ses émissions de CO2 ou d’une partie de celles-ci.

A titre indicatif, un Français rejette, en moyenne, dans l'atmosphère 7,22 tonnes de CO2 par an. Ces émissions de CO2 proviennent :

  • des transports que nous utilisons et de nos habitudes de consommation (26%) ;
  • de notre alimentation (24%) ;
  • de l’énergie liée au logement et aux émissions indirectes (50%).

Dans tous les cas, la compensation carbone est un processus qui ne dispense pas des efforts de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre.

La compensation carbone volontaire et obligatoire

Avec la signature du Protocole de Kyoto en 1997, les Etats s’engagent à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 5% sur la période de 2008 à 2012 par rapport au niveau de 1990. En plus des mesures mises en place pour suivre le plan de réduction national des émissions, les pays industrialisés peuvent faire appel à des mécanismes complémentaires en investissant à travers des crédits carbone dans des projets de réduction de gaz à effet de serre en dehors de leur territoire. C’est la naissance du mécanisme de compensation carbone.

Qu’est-ce qu’un crédit carbone ?Dans chacun des marchés, le crédit carbone est utilisé. Lorsque qu’une personne ou une entreprise souhaite compenser ses émissions, elle acquiert le nombre de crédits carbone correspondant au volume de ses émissions de gaz à effet de serre. Le crédit carbone est une unité équivalent à 1 tonne équivalent de CO2 évitée ou absorbée.

compensation carbone

Pour réguler le marché de la compensation carbone, un marché de conformité, appelé aussi marché de compensation réglementaire, a été mis en place et assure les transactions de crédits carbone. Il s’adresse uniquement aux Etats et organisations obligées qui peuvent échanger leurs crédits entre elles selon leur besoin.

Dans le cadre de la France, les entreprises de plus de 500 salariés doivent par exemple réaliser un bilan carbone tous les quatre ans et peuvent être amenées à compenser une partie de leurs émissions qu’ils n’auraient pas réussi à réduire.

En parallèle, un marché de compensation carbone volontaire a été créé dans le but de permettre aux entreprises non obligées et aux particuliers de participer à la réduction de leurs émissions de CO2 en finançant des projets environnementaux. Ainsi, des citoyens peuvent participer à ce qu’on appelle la compensation carbone des particuliers.

Les certifications et labels de la compensation carbone

Pour s’assurer de la transparence et de la crédibilité d’un projet de réduction de gaz à effet de serre, des certifications et labels de compensation carbone ont été créés.

Dans le cadre du Protocole de Kyoto, elles ne concernent que deux types de mécanismes sur le marché de conformité :

  • Le MDP (mécanisme de développement propre) qui assure le financement de projets développés par les pays industrialisés dans les pays en développement.
  • La MOC (mise en oeuvre conjointe) qui assure l’investissement de projets développés entre pays industrialisés.

Ces projets sont validés par la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) qui s’assure que les réductions d’émissions sont réelles, mesurables, vérifiables et additionnelles.

Les labels volontaires, inspirés des certifications de Kyoto, offrent des garanties similaires de fiabilité aux projets :

  1. Mesurabilité des émissions évitées et unicité des crédits carbone délivrés : les réductions de gaz à effet de serre sont mesurées à l’aide de méthodologies certifiées par un tiers indépendant permettant les risques de double comptage d’émissions ;
  2. Suivi régulier du projet et vérification : le projet est suivi régulièrement par un auditeur indépendant;
  3. Additionnalité et permanence du projet : le porteur du projet doit prouver la réduction des émissions de gaz à effet de serre par rapport à une situation de référence et justifié que le projet n’aurait pas pu voir le jour sans le revenu issu de la vente de crédits carbone. Cette réduction s’inscrit dans un temps long, de minimum 7 ans. Sur le marché de compensation carbone volontaire, la certification par des labels n’est pas obligatoire, il est toutefois fortement recommandé de choisir d’acheter un crédit carbone d’un projet labellisé afin de s’assurer de l’unicité de celui-ci.
label compensation carbone

Les labels de compensation carbone les plus représentés actuellement sur le marché sont :

  • Le Verified Carbon Standard (VCS) : créé par l’association VERRA en 2006, c’est le label le plus représenté. Il est présent sur près de la moitié du marché volontaire. Il est centré sur la qualité des économies de gaz à effet de serre et garantit que les réductions d’émissions des projets soient bien réelles, mesurables, vérifiables et additionnelles.
  • Le Gold Standard (GS) : géré par le WWF, ce label fixe des exigences notamment en matière de bénéfices sur le développement socioéconomique du pays et l’implication de la population locale aux projets de compensation, ce qu’on appelle les co-bénéfices.
  • Le Plan Vivo : ce label regroupe les projets qui apportent des bénéfices environnementaux, sociaux et économiques dans la zone du projet et aux communautés locales comme la réduction du niveau de pauvreté, la conservation et la restauration des écosystèmes dégradés, la conservation et la protection de la biodiversité…
  • Le Climate Action Reserve (CAR) : le standard CAR a développé ses propres critères d’éligibilité comme la vérification de l'additionnalité des réductions d’émissions et leur vérification par un tiers indépendant. Il a la particularité de ne rendre un projet éligible que lorsque ce dernier est localisé sur le territoire américain ou mexicain.

A noter également, le REDD+ (Reducing Emissions from Deforestation and forest Degradation) qui n’est pas un label mais un programme de l’ONU qui a pour objectif de réduire les émissions de CO2 produites par la déforestation et la dégradation des forêts dans les pays en voie de développement. En donnant une valeur monétaire au carbone stocké par les forêts, le programme incite ces derniers à mettre en œuvre des politiques de lutte contre la déforestation, d’accroissement des ressources forestières et de gestion durable des forêts.

Comment compenser ses émissions de CO2 ?

Les étapes : estimer, réduire… et enfin agir !

La compensation carbone n’est que l’étape finale vers la neutralité carbone. En effet, 3 étapes sont nécessaires pour réduire son impact sur la planète :

  1. Calculer son empreinte carbone ;
  2. Réduire au maximum ses émissions de gaz à effet de serre ;
  3. Compenser les émissions de CO2 inévitables en finançant des projets environnementaux.

Ainsi, par définition, la compensation carbone ne doit pas permettre de justifier de faire ses trajets quotidiens en avion. Par exemple, une personne effectuant le trajet Paris-Marseille en avion mais qui compense ses émissions de gaz à effet de serre liées à ce voyage émettra toujours plus qu’une personne ayant choisi le train comme moyen de transport.

En effet, compenser n’efface pas les émissions produites dans l’atmosphère. C’est pourquoi compenser ses trajets en avion n’est pertinent que si l’on réduit ou optimise en parallèle et sur le long terme la fréquence de ses trajets aériens.

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Les différents types de projets de compensation carbone à financer

La compensation carbone consiste à financer des projets de réduction d’émissions de dioxyde de carbone (CO2) via l'achat de crédits carbone.

Toute personne souhaitant investir dans l’un de ces projets s’adresse généralement à un intermédiaire. C’est le cas, par exemple, de Selectra avec le projet Gandhi. Ce dernier achètera pour le particulier les crédits carbone correspondants à la quantité d’émissions de gaz à effet de serre qu’il veut neutraliser. La somme versée contribuera finalement au financement d’un projet spécifique de compensation carbone.

Il existe trois types de projet de compensation carbone :

  • Le projet forestier qui favorise la séquestration et le stockage du carbone par les sols forestiers et les forêts. La compensation carbone par la plantation d’arbres est un exemple de captation de CO2 dans l’atmosphère.
  • Le projet lié aux énergies renouvelables qui permet de produire de l’énergie plus propre et de substituer des énergies très polluantes par de l’énergie verte.
  • Le projet traitant de l’utilisation rationnelle de l’énergie qui développe des technologies propres et responsables permettant de produire de l'électricité, du froid et de la chaleur, d’augmenter les rendements industriels et de limiter la consommation d’énergie dans les transports et le bâtiment, par exemple.
energie renouvelable

Ces différents types de projet peuvent être mise en oeuvre dans des zones géographiques diverses. En effet, les enjeux du réchauffement climatique sont planétaires et tous les pays du globe partagent la même atmosphère. Financer un projet dans un pays en voie de développement a donc autant de sens que dans un pays développé.

De plus, un projet de réduction des émissions carbone sur le sol d’un pays développés ne peut pas toujours être sujet à la génération de crédit carbone : par exemple, un projet de reforestation mis en œuvre en France réduit bien les émissions du territoire national en absorbant du CO2 mais est déjà comptabilisé dans les objectifs de réduction nationale de l’Etat français et ne peut donc faire l’objet de crédit carbone.

C’est pourquoi la plupart des projets sont réalisés dans des pays en voie de développement. Ces projets ont généralement des impacts plus importants à des coûts plus faibles. En effet, les pays en voie de développement ont généralement un mix énergétique plus polluant et des infrastructures moins performantes, contrairement aux pays développés.

Qu’entend-t-on par crédit ex-post et crédit ex-ante ?Sur le marché de compensation carbone volontaire, la demande de crédits carbone est parfois supérieure au nombre de projets existants. C’est pourquoi un crédit carbone est dit “ex-ante” lorsqu’il est vendu avant même que les réductions d’émissions de CO2 n’aient eu lieu. Au contraire, un crédit carbone ex-post correspond au financement du projet après que les émissions aient été évitées. Il est fortement recommandé de choisir un crédit ex-post quand on décide de financer un projet.

Neutralité carbone : quelle est sa définition et pourquoi chercher à l’atteindre ?

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La neutralité carbone consiste à utiliser différents moyens pour réduire au maximum ses émissions de gaz à effet de serre, puis compenser les émissions incompressibles. Par exemple, on peut atteindre ce qu’on appelle la neutralité carbone pour une activité lorsque l’on finance un projet environnemental qui va absorber ou permettre la réduction d’une quantité de CO2 équivalente à celle produite par l’activité en question.

Le réchauffement climatique est la cause de nombreuses sécheresses, de pluies torrentielles, et de nombreux autres changements climatiques catastrophiques à travers le monde. La biodiversité se retrouve alors directement menacée et les activités économiques perturbées.

Le principal responsable du réchauffement climatique est la concentration de ce volume de gaz présent dans l’atmosphère. C’est pourquoi réduire et compenser ses émissions de gaz à effet de serre est aussi essentiel pour la planète. La compensation carbone apparaît donc comme une étape importante pour atteindre la neutralité carbone et l’objectif de 2°C visé par l’Accord de Paris d’ici 2100.

Qu’est-ce que l’Accord de Paris ?En 2015 a eu lieu la COP 21 (21ème Conférence des Parties) des Nations Unies sur les changements climatiques. L’objectif était d’obtenir la signature d’un nouvel accord international ayant pour but de limiter le réchauffement global à 2°C d’ici 2100.

Pour lutter contre le changement climatique, la France a mis en place la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC). Adoptée en 2015, la SNBC a été révisée très récemment, en avril 2020, établissant les budgets carbone jusqu’en 2033. Cette stratégie se définit par un plan de décarbonisation de la France. Elle concerne tous les secteurs d’activité : bâtiments, transports, agriculture, industrie, énergies, etc. Ses deux objectifs sont :

  1. Atteindre la neutralité carbone d’ici 2100 pour ainsi faire de l’Accord de Paris une réalité pour la France, c’est à dire diviser par 6 ses émissions de gaz à effet de serre sur son territoire par rapport à 1990. Concrètement, cela équivaut à réduire les émissions du pays à 80 MtCO2e, contre 445 en 2018.
  2. Réduire l’empreinte carbone de la consommation des Français par le biais d’actions d’éducation et de sensibilisation, ainsi que de formation professionnelle.

La compensation carbone : solution ou illusion ?

Qu’elle soit réglementée ou volontaire, la compensation carbone fait l’objet de nombreuses critiques à travers le monde : selon certains, financer des projets de compensation carbone inciterait les entreprises à reporter leurs efforts de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, selon d’autres, la compensation volontaire reviendrait à s’acheter une conscience environnementale.

En effet, la démarche de compensation carbone volontaire peut être associés à ce phénomène de greenwashing car certaines organisations ou certains particuliers se dérobent à la réduction de leurs émissions en les compensant. Ce mécanisme n’est durable que si les organisations s’engagent au préalable dans des actions de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre sur le long terme. Il est important de comprendre que la compensation carbone n’est pas une fin en soi.

La compensation carbone est un terme qui prête à confusion. On pourrait comprendre qu’après avoir financer un projet de compensation carbone à hauteur de ses émissions incompressibles toutes les émissions produites deviennent nulles. Cependant, la quantité de gaz à effet de serre dans l’atmosphère reste la même. Le financement du projet sert seulement à compenser les émissions par la séquestration d’autres émissions. C’est pourquoi il faut faire attention au terme “neutralité carbone”.

Pour lutter contre le greenwashing autour de la compensation carbone, les recommandations suivantes sont à prendre en compte :

  • Avant même d’acheter des crédits carbone, il est important d’être transparent quant à sa stratégie de compensation carbone.
  • L’achat de crédits carbone doit toujours être additionnel à une stratégie de réduction d'émission de gaz à effet de serre.
  • Les crédits carbone achetés doivent répondre à des critères de qualité stricts.
  • Pour les organisations ou particuliers n’ayant pas les moyens de réduire leurs émissions, l’achat de crédits carbone ne doit être conçu que comme une étape temporaire vers une décarbonisation à plus long terme.

Selectra vous aide à sensibiliser vos proches contre le réchauffement climatique en finançant le projet Gandhi.Découvrez la Carte Cadeau Compensation Carbone !

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