~10 Mt
Gaspillage alimentaire
par an en France (ADEME)
30 kg
Jetés par habitant à la maison
dont 7 kg encore emballés
28 jours
DCR des œufs
après la date de ponte
0-4 °C
Zone froide du frigo
recommandation ANSES

Date de péremption : DLC ou DDM, que dit l’étiquette ?

La date de péremption est la date apposée sur l’emballage d’une denrée alimentaire. Il en existe deux types : la DLC (« à consommer jusqu’au »), impérative pour les produits frais périssables, et la DDM (« à consommer de préférence avant »), simple repère de qualité. Un produit dont la DDM est dépassée reste consommable sans danger, contrairement à un produit dont la DLC est dépassée.

Ces deux mentions sont encadrées au niveau européen par le règlement INCO n° 1169/2011, applicable en France comme en Belgique. Voici comment les distinguer en un coup d’œil :

Comparaison des deux dates de péremption : DLC et DDM
Critère DLC (Date Limite de Consommation) DDM (Date de Durabilité Minimale)
Mention légale « À consommer jusqu’au… » (jour + mois, voire année) « À consommer de préférence avant le… / avant fin… »
Produits concernés Denrées très périssables réfrigérées : viande et poisson frais, charcuterie, plats cuisinés frais, produits laitiers frais (yaourts…) Produits secs, stérilisés, déshydratés, surgelés : pâtes, riz, conserves, café, chocolat, lait UHT, biscuits…
Risque après dépassement Risque microbiologique réel pour la santé (intoxication alimentaire, listériose, salmonellose) Aucun danger sanitaire si l’emballage est intact ; perte possible de goût, de texture ou de qualités nutritionnelles
Vente après la date Interdite : retrait des rayons obligatoire dès le lendemain de la date Autorisée, sous la responsabilité du commerçant (rayons « anti-gaspi »)

Pour aller plus loin, la fiche pratique de la DGCCRF et le récapitulatif de Service-Public.fr détaillent les obligations d’étiquetage produit par produit.

DLC, DDM, DCR : quelles différences ?

Derrière l’expression courante « date de péremption » se cachent en réalité trois dates différentes, qui dépendent de la nature du produit et de la vitesse de sa dégradation microbiologique.

DLC : Date Limite de Consommation

La Date Limite de Consommation (DLC) ou « à consommer jusqu’au… » est une date à respecter impérativement. Au-delà, le produit peut devenir dangereux pour la santé, même si son aspect semble normal. Elle est apposée sur les aliments rapidement périssables tels que :

  • la viande fraîche (charcuterie, steak, volaille…) ;
  • le poisson et les fruits de mer ;
  • les plats cuisinés frais non stérilisés ;
  • les produits laitiers frais (yaourt, mozzarella, fromage blanc, mascarpone, faisselle…).

DDM : Date de Durabilité Minimale

La Date de Durabilité Minimale (DDM) ou « à consommer de préférence avant le… » est une date indicative. Elle est apposée sur les aliments pouvant être consommés sans risque après la date, tant que l’emballage est resté intact. Le produit peut simplement avoir perdu une partie de ses qualités (saveur, texture, teneur en vitamines…). Les aliments porteurs d’une DDM sont en général :

  • les produits secs : féculents (pâtes, riz, semoule, lentilles, farine…), condiments (poivre, herbes aromatiques, huile, sauces…), thé, café, chocolat, biscuits secs, miel… ;
  • les produits déshydratés : lait en poudre, purée en flocons… ;
  • les produits stérilisés : lait UHT, crème UHT, soupes, jus de fruits… ;
  • les conserves : petits pois, maïs, sardines… ;
  • les produits surgelés et congelés.

Le format de la DDM renseigne d’ailleurs sur la durée de vie du produit : jour et mois pour les denrées se conservant moins de 3 mois, mois et année entre 3 et 18 mois, année seule au-delà de 18 mois. En pratique, plus la DDM est exprimée de façon imprécise, plus la marge de consommation après la date est large : quelques semaines pour un produit daté au jour près, plusieurs mois — voire années — pour un produit daté à l’année.

DCR : Date de Consommation Recommandée des œufs

La Date de Consommation Recommandée (DCR) ne concerne que les œufs. Fixée par le règlement européen n° 589/2008, elle correspond à 28 jours après la ponte. Jusqu’à 9 jours après la ponte, l’œuf est « extra-frais » et peut être consommé cru ou peu cuit ; entre 10 et 28 jours, il est « frais » et se consomme de préférence bien cuit. Au-delà de la DCR, un œuf dont la coquille est intacte et qui a été conservé au frais reste consommable quelques semaines, à condition de bien le cuire.

Quels aliments n’ont pas de date de péremption ?

Certaines denrées sont exemptées de toute date de péremption par l’annexe X du règlement INCO, car elles se conservent presque indéfiniment ou se consomment immédiatement :

  • les fruits et légumes frais non transformés (non épluchés, non coupés) ;
  • les vins, vins mousseux et boissons titrant 10 % d’alcool ou plus ;
  • les vinaigres ;
  • le sel de cuisine ;
  • les sucres à l’état solide ;
  • les confiseries composées presque uniquement de sucres (bonbons…) ;
  • les gommes à mâcher ;
  • les produits de boulangerie et de pâtisserie normalement consommés dans les 24 heures suivant leur fabrication.

S’y ajoutent les denrées vendues en vrac (non préemballées), qui ne sont pas soumises à l’obligation d’étiquetage d’une date. Le point commun de ces aliments : le sel, le sucre, l’alcool ou l’acidité y bloquent le développement des micro-organismes. C’est d’ailleurs pour cela que vos cornichons au vinaigre ou vos poivrons à l’huile se conservent des mois.

Combien de temps après la date peut-on consommer un aliment ?

Tout dépend du type de date. Après une DDM, la marge se compte en semaines, mois, voire années. Après une DLC, la règle de prudence est de ne pas consommer le produit : seuls quelques produits peu sensibles (yaourts nature notamment) tolèrent un léger dépassement, et uniquement si la chaîne du froid a été respectée et l’emballage jamais ouvert.

Délais indicatifs par famille de produits

Combien de temps après la date de péremption peut-on consommer chaque aliment ? (marges indicatives)
Aliment Type de date Marge indicative après la date Précautions
Yaourts nature DLC 1 à 2 semaines (pot non ouvert, réfrigéré) Uniquement les yaourts nature ou sucrés ; jeter les desserts à base d’œufs ou de crème (mousses, liégeois…) dès la DLC
Œufs DCR Quelques semaines Coquille intacte, conservation au frais, cuisson à cœur ; faire le test du verre d’eau
Viande fraîche, poisson, plats cuisinés frais DLC Aucune Risque élevé (salmonellose, listériose) : on jette dès la date dépassée
Charcuterie, jambon cuit, rillettes DLC Aucune Produits sensibles à la listeria, surtout pour femmes enceintes et personnes fragiles
Lait et crème UHT DDM Jusqu’à 2 mois (brique non ouverte) Une fois ouverte, la brique se conserve 3 à 5 jours au réfrigérateur
Beurre DDM Environ 2 mois Un beurre rance a mauvais goût mais reste sans danger
Conserves DDM Plusieurs années Jeter toute boîte bombée, rouillée ou cabossée sur les soudures
Pâtes, riz, légumes secs, farine DDM Plusieurs mois à plusieurs années Vérifier l’absence de mites alimentaires ; stocker au sec dans un bocal hermétique
Chocolat, café, thé, épices DDM 1 à 2 ans La pellicule blanche sur le chocolat n’est pas de la moisissure, seulement un signe de vieillissement inoffensif
Produits surgelés DDM Plusieurs mois Chaîne du froid ininterrompue ; ne jamais recongeler un produit décongelé

Faire confiance à ses sens avant de jeter

Pour les produits à DDM — et uniquement pour eux —, nos sens restent le meilleur détecteur avant de jeter :

  1. Observez : une viande rouge devenue brune-noire, un fromage frais ou une sauce tomate moisis vont à la poubelle. La fine couche blanche sur le chocolat, elle, est inoffensive.
  2. Sentez : un poisson ou une viande frais dégagent une odeur neutre. Une odeur forte ou aigre signale un produit avarié.
  3. Touchez : un lait qui a tourné présente des grumeaux, un yaourt décomposé se sépare en une phase liquide et une phase granuleuse, une viande avariée devient visqueuse.
  4. Goûtez en dernier recours, sur une toute petite quantité, uniquement pour un produit à DDM.

Produit périmé : que risque-t-on ?

Les risques pour la santé

Consommer un produit dont la DLC est dépassée expose à une intoxication alimentaire : nausées, vomissements, diarrhée, fièvre, généralement dans les 2 à 3 jours. Hydratez-vous, mangez léger et consultez un médecin si les symptômes persistent. Dans de rares cas, des bactéries pathogènes provoquent des maladies graves : salmonellose (œufs, viande crue), listériose (charcuterie, fromages au lait cru — particulièrement dangereuse pendant la grossesse) ou botulisme (conserves mal stérilisées). Après une DDM dépassée, en revanche, il n’y a aucun danger sanitaire : au pire, le produit est moins savoureux.

Ce que dit la réglementation pour les commerçants

La loi distingue là aussi les deux dates :

  • vendre un produit à DLC dépassée est interdit : le retrait des rayons est obligatoire dès le lendemain de la date. Un commerçant négligent encourt une amende de 1 500 € par produit périmé mis en vente ;
  • en cas de vente délibérée pour tromper le consommateur, le délit de tromperie est constitué : jusqu’à 7 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende, avec possibilité de fermeture de l’établissement ;
  • vendre un produit à DDM dépassée est légal, sous la responsabilité du vendeur : c’est le principe des rayons et magasins « anti-gaspi » qui écoulent ces produits à prix réduit.

Comment bien conserver ses aliments ?

Au réfrigérateur : une zone froide entre 0 et 4 °C

L’ANSES recommande de maintenir la zone froide du réfrigérateur entre 0 et 4 °C : ce froid ralentit le développement des bactéries pathogènes comme la listeria ou les salmonelles (voir les repères du ministère de l’Agriculture sur la chaîne du froid). Quelques réflexes :

  • rangez chaque aliment dans la bonne zone : viande et poisson crus, produits entamés et plats maison dans la zone froide (0-4 °C) ; produits cuits, fromages et desserts dans la zone fraîche (4-6 °C) ; boissons, beurre et sauces dans la porte, partie la plus chaude ;
  • retirez les suremballages (cartons, films de transport) : l’air froid circule mieux et vous limitez l’entrée de micro-organismes ;
  • nettoyez le réfrigérateur régulièrement, idéalement deux fois par mois, pour éviter la prolifération des bactéries.

Au congélateur : les règles d’or

La congélation permet de conserver viande, poisson, pain, fruits, légumes ou plats cuisinés pendant plusieurs mois. Trois règles à retenir :

  • congelez les aliments le plus frais possible, et toujours avant leur DLC : le froid endort les micro-organismes, il ne les tue pas. Un produit congelé la veille de sa DLC doit être consommé rapidement après décongélation ;
  • ne recongelez jamais un aliment décongelé : pendant la décongélation, les bactéries reprennent leur multiplication et une recongélation domestique, lente, leur laisse le temps de proliférer ;
  • en courses, passez au rayon surgelés en dernier et rangez ces produits en premier en rentrant, pour ne pas rompre la chaîne du froid.

À température ambiante : au sec et à l’abri de la lumière

Épices, oignons, ail, pommes de terre, conserves, bocaux, huiles ou chocolat se conservent à l’abri de l’humidité, de la chaleur et de la lumière — l’idéal étant un cellier ou une cave. Stockez les produits secs entamés (farine, pâtes, riz) dans des bocaux hermétiques pour les protéger des mites alimentaires.

Gaspillage alimentaire : comment agir au quotidien ?

Selon le ministère de la Transition écologique, la France a produit 9,7 millions de tonnes de déchets alimentaires en 2023, soit 142 kg par personne, dont 55 kg de parties comestibles — au-dessus de la moyenne européenne. La consommation à domicile pèse près d’un tiers de ce gâchis : bien lire les dates de péremption est donc l’un des leviers les plus simples d’une alimentation durable.

Ce que prévoit la loi

  • la loi Garot (2016) interdit aux supermarchés de plus de 400 m² de détruire leurs invendus consommables et les oblige à proposer une convention de don à des associations ;
  • la loi AGEC (2020) fixe l’objectif de réduire le gaspillage alimentaire de 50 % d’ici 2025 (par rapport à 2015) dans la distribution et la restauration collective, et d’ici 2030 dans la consommation, la production et la restauration commerciale — un pilier de l’économie circulaire ;
  • au niveau européen, la directive adoptée en septembre 2025 impose pour la première fois des objectifs contraignants : -10 % dans la transformation et -30 % dans la distribution, la restauration et les ménages d’ici 2030, avec en ligne de mire une clarification de l’étiquetage des dates.

Les bons gestes et les applis anti-gaspi

  1. Achetez au plus juste : privilégiez le vrac et les quantités adaptées à vos besoins, dans une logique de consommation responsable et de zéro déchet.
  2. Cuisinez les restes : pain dur en chapelure, pommes fripées en compote, légumes fatigués en soupe. Le batch cooking (planifier et cuisiner les plats de la semaine en une fois) limite les achats superflus et les oublis au fond du frigo.
  3. Profitez des rayons à date courte : la plupart des enseignes bradent les produits proches de leur DLC. Des applications comme Too Good To Go (née au Danemark et très active en France comme en Belgique), Phenix ou HopHopFood permettent de récupérer paniers surprises et invendus à petit prix, voire gratuitement.
  4. Demandez un doggy bag au restaurant : depuis juillet 2021, les restaurateurs français doivent fournir un contenant pour emporter les restes.
  5. Compostez l’incompressible : épluchures, coquilles d’œuf et marc de café retournent à la terre via le compostage, obligatoire à la source en France depuis 2024.

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Questions fréquentes

Oui, un yaourt nature ou sucré peut généralement être consommé 1 à 2 semaines après sa DLC, à condition que le pot n’ait jamais été ouvert et qu’il soit resté au réfrigérateur. Vérifiez l’aspect (pas d’opercule bombé, pas de moisissure) et l’odeur avant de le manger. En revanche, jetez dès la date les desserts lactés à base d’œufs ou de crème (mousses, crèmes desserts, liégeois), plus sensibles.

La DLC (« à consommer jusqu’au ») est une limite sanitaire impérative apposée sur les produits frais périssables : après cette date, le produit peut être dangereux et sa vente est interdite. La DDM (« à consommer de préférence avant ») est une simple indication de qualité : après la date, le produit peut perdre du goût ou de la texture mais reste consommable sans risque, et peut légalement être vendu.

Le règlement européen INCO exempte de date les fruits et légumes frais non transformés, les vins et boissons titrant au moins 10 % d’alcool, les vinaigres, le sel, les sucres solides, les confiseries composées presque uniquement de sucres, les gommes à mâcher et les produits de boulangerie consommés dans les 24 heures. Les denrées vendues en vrac ne portent pas non plus de date.

Oui, tant que la DLC n’est pas dépassée : la congélation bloque la multiplication des bactéries mais ne les détruit pas. Congelez le produit le plus tôt possible, consommez-le rapidement après décongélation et ne recongelez jamais un aliment déjà décongelé, sous peine de rompre la chaîne du froid et de risquer une intoxication.

Tout dépend de la date. Vendre un produit dont la DLC est dépassée est interdit en France comme en Belgique : le commerçant risque 1 500 € d’amende par produit, et jusqu’à 7 ans de prison et 750 000 € d’amende en cas de tromperie délibérée. En revanche, la vente de produits à DDM dépassée est légale, sous la responsabilité du vendeur : c’est le modèle des rayons et épiceries anti-gaspi.