Définition : qu’est-ce que le réchauffement climatique ?
Le réchauffement climatique désigne l’augmentation durable de la température moyenne à la surface de la Terre, provoquée par l’accumulation dans l’atmosphère de gaz à effet de serre émis par les activités humaines : combustion du charbon, du pétrole et du gaz, déforestation, agriculture et industrie. Depuis l’ère préindustrielle (1850-1900), la planète s’est déjà réchauffée d’environ 1,3 à 1,4 °C.
Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), 2024 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée, à +1,55 °C au-dessus de la moyenne 1850-1900 : la première année civile à franchir le seuil de 1,5 °C. La décennie 2015-2024 concentre par ailleurs les dix années les plus chaudes de l’histoire des relevés.
Ce réchauffement n’est pas uniforme : les zones polaires se réchauffent beaucoup plus vite que la moyenne mondiale, l’Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement, et l’Afrique du Nord est la sous-région africaine où les températures grimpent le plus vite. La France métropolitaine s’est déjà réchauffée d’environ 1,9 °C depuis 1900 selon Météo-France.
Réchauffement climatique, changement climatique, effet de serre : quelles différences ?
Ces trois notions sont souvent confondues, alors qu’elles s’enchaînent comme les maillons d’une même chaîne :
- l’effet de serre est un phénomène naturel indispensable à la vie : certains gaz de l’atmosphère retiennent la chaleur et maintiennent la Terre à environ 15 °C. Les émissions humaines l’intensifient ;
- le réchauffement climatique est la conséquence directe de cette intensification : la température moyenne du globe s’élève ;
- le changement climatique (ou dérèglement climatique) désigne l’ensemble des bouleversements que ce réchauffement déclenche : sécheresses, canicules, pluies torrentielles, montée des eaux, fonte des glaces.
L’effet de serre additionnel est le mécanisme, le réchauffement climatique en est la mesure, et le changement climatique en est la manifestation concrète. C’est pourquoi les scientifiques parlent de changement climatique « d’origine anthropique », c’est-à-dire causé par l’Homme.
Météo ou climat : quelle différence ?
Pour comprendre le réchauffement climatique, il faut aussi distinguer la météo du climat :
- la météo décrit le temps qu’il fait à un moment donné et à un endroit précis, sur de courtes périodes ;
- le climat décrit l’évolution de grandeurs physiques (température moyenne, précipitations…) sur de longues durées et à grande échelle, par exemple sur trente ans.
Une vague de froid ponctuelle dans une région ne remet donc pas en cause le réchauffement climatique. Ce qui compte, c’est la tendance de fond : la hausse régulière de la température moyenne du globe et l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des évènements extrêmes, observées sur plusieurs décennies.
Les causes du réchauffement climatique
La principale cause du réchauffement climatique est l’intensification de l’effet de serre par les activités humaines : nous rejetons chaque année des milliards de tonnes de gaz à effet de serre (CO2, méthane, protoxyde d’azote), plus vite que les océans et les forêts ne peuvent les absorber. Plus la concentration de ces gaz augmente, plus la chaleur reste piégée dans la basse atmosphère.
À quoi correspond 1 ppm ?L’abréviation « ppm » signifie partie par million : elle indique combien de molécules de CO2 sont présentes dans un million de molécules d’air. La concentration atteint aujourd’hui environ 427 ppm, contre 280 ppm avant la révolution industrielle — un niveau inédit depuis au moins 800 000 ans.
La combustion des énergies fossiles
La combustion du charbon, du pétrole et du gaz naturel pour produire de l’électricité, se chauffer et se déplacer est de loin la première source d’émissions : le secteur de l’énergie génère environ les trois quarts des gaz à effet de serre mondiaux. Selon l’Agence internationale de l’énergie, les émissions de CO2 liées à l’énergie ont atteint un record historique d’environ 37,8 milliards de tonnes en 2024.
La déforestation
Les forêts sont des puits de carbone : elles absorbent le CO2 de l’atmosphère et le stockent. La déforestation — en Amazonie, dans le bassin du Congo ou en Asie du Sud-Est — provoque un double dommage : elle libère le carbone stocké dans les arbres et réduit la capacité future de la planète à absorber nos émissions.
L’agriculture et l’élevage
L’agriculture, l’élevage et les autres usages des terres représentent environ un cinquième des émissions nettes mondiales selon le GIEC. L’élevage de ruminants émet du méthane, un gaz au pouvoir réchauffant bien supérieur à celui du CO2 à court terme, et les engrais azotés libèrent du protoxyde d’azote.
L’industrie, les déchets et la consommation
La production de ciment, d’acier et de plastique, les décharges (émettrices de méthane) et la consommation de masse — y compris notre pollution numérique — complètent le tableau des causes. Ces émissions sont très concentrées géographiquement, comme le montre notre analyse des pays les plus pollueurs de la planète.
Quelles sont les conséquences du réchauffement climatique ?
Le réchauffement climatique touche toutes les régions du globe, mais pas de la même manière ni avec la même intensité. Ses principaux impacts sont :
- la fonte des glaces et la montée du niveau des mers ;
- des phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents et plus intenses ;
- l’acidification des océans et l’effondrement de la biodiversité ;
- des impacts humains majeurs : insécurité alimentaire, stress hydrique, migrations forcées.
La montée du niveau des mers et la fonte des glaces
L’élévation du niveau de la mer est causée par deux phénomènes : la dilatation thermique de l’eau qui se réchauffe et la fonte des glaces terrestres. Selon la NASA, le niveau moyen des mers a monté d’environ 10 cm depuis 1993 et le rythme a doublé : de 2,1 mm par an en 1993 à environ 4,5 mm par an en 2024.
Le GIEC projette une hausse supplémentaire de 0,28 à 1,01 m d’ici 2100 selon le scénario d’émissions, avec un fort impact sur les zones côtières — son rapport L’océan et la cryosphère dans un climat en évolution en détaille les conséquences. En Arctique, la banquise recule : selon le NSIDC, le maximum hivernal de mars 2025 a été le plus bas jamais mesuré en 47 ans d’observations satellite.
Des phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents
Chaque fraction de degré supplémentaire rend les canicules plus longues et plus intenses, prolonge les sécheresses et charge les pluies torrentielles en eau. L’OMM a documenté en 2024 un nombre record d’épisodes extrêmes : ouragans dévastateurs, incendies massifs, températures dépassant 50 °C dans plusieurs pays. La France n’est pas épargnée : inondations, submersions, feux de forêt et vagues de chaleur s’y multiplient, comme le détaille notre article sur le changement climatique en France.
L’océan et la biodiversité sous pression
L’océan est un puits de carbone : il absorbe une partie du CO2 de l’atmosphère et le stocke. Mais cette accumulation modifie sa composition chimique et provoque son acidification, qui tue les organismes calcificateurs (coraux, plancton) et réduit la capacité future de l’océan à absorber du carbone — une véritable boucle de rétroaction. Sur terre, de nombreuses espèces ne parviennent pas à s’adapter ou à migrer assez vite : le réchauffement climatique est l’une des cinq causes principales de l’érosion de la biodiversité, au point que l’on parle aujourd’hui de sixième extinction de masse.
Des impacts humains majeurs, notamment en Afrique du Nord
Le réchauffement frappe le plus durement les régions qui ont le moins contribué aux émissions. Selon le rapport de l’OMM sur l’état du climat en Afrique en 2024, le continent a connu son année la plus chaude ou la deuxième plus chaude jamais enregistrée, et l’Afrique du Nord est la sous-région qui se réchauffe le plus vite (+1,28 °C en 2024 par rapport à la moyenne 1991-2020).
Au Maghreb, les conséquences sont déjà tangibles : stress hydrique aggravé par des sécheresses pluriannuelles qui vident les barrages en Algérie, au Maroc et en Tunisie, canicules de plus en plus précoces et intenses, pression accrue sur l’agriculture et avancée de la désertification, qui grignote les terres fertiles des zones steppiques. À l’échelle mondiale, la perte de terres, l’insécurité alimentaire et la raréfaction de l’eau forcent des populations entières à migrer — on parle de réfugiés climatiques — et renforcent les inégalités entre pays.
Où en est-on en 2026 ?
Voici les repères les plus récents qui résument la situation du réchauffement climatique :
- 2024 a été l’année la plus chaude jamais mesurée (+1,55 °C selon l’OMM) et la première année civile au-dessus de +1,5 °C ;
- la période 2015-2024 concentre les dix années les plus chaudes de l’histoire des relevés ;
- la concentration de CO2 atteint environ 427 ppm, contre 280 ppm à l’ère préindustrielle ;
- la banquise arctique a enregistré en 2025 son maximum hivernal le plus bas en 47 ans de mesures satellite.
Côté trajectoire, le consortium scientifique Climate Action Tracker estime fin 2025 que les politiques actuellement en vigueur conduisent à un réchauffement d’environ +2,6 °C d’ici 2100 — contre +3,6 °C projetés en 2015, mais un chiffre quasi inchangé depuis quatre ans. Les engagements des États restent donc très insuffisants pour tenir l’objectif de 1,5 °C.
Sur le plan diplomatique, la COP28 de Dubaï (2023) a conclu le premier bilan mondial de l’Accord de Paris avec un appel inédit à « transitionner hors des énergies fossiles » et à tripler la capacité mondiale d’énergies renouvelables d’ici 2030. Plus récemment, la COP30 de Belém (Brésil, novembre 2025) a adopté le « Paquet de Belém », qui prévoit notamment de tripler les financements pour l’adaptation des pays en développement, sans toutefois parvenir à un consensus sur une feuille de route mondiale de sortie des énergies fossiles.
L’objectif de 1,5 °C est-il déjà dépassé ?Non : le seuil de l’Accord de Paris se mesure en moyenne sur plusieurs décennies, pas sur une seule année. L’OMM estime le réchauffement de long terme actuel à environ +1,3 à +1,4 °C. La marge se réduit, mais chaque dixième de degré évité compte.
Les solutions pour lutter contre le réchauffement climatique
Le réchauffement climatique peut encore être freiné : la science est formelle, chaque tonne de CO2 non émise réduit le réchauffement futur. Les leviers existent à toutes les échelles — États, entreprises, collectivités et particuliers.
Les engagements internationaux et nationaux
Qu’est-ce que l’Accord de Paris ?Adopté à la COP21 en décembre 2015, l’Accord de Paris vise à contenir le réchauffement nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et à poursuivre les efforts pour le limiter à 1,5 °C. Il compte aujourd’hui 194 Parties, qui doivent relever régulièrement leurs engagements de réduction d’émissions.
En France, l’adaptation est désormais planifiée par le 3e Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-3), lancé en mars 2025 : 52 mesures pour préparer le pays à un scénario de +4 °C en France métropolitaine en 2100. D’autres outils complètent l’arsenal, comme la taxe carbone ou le marché européen du carbone.
Accélérer la transition énergétique
Puisque l’énergie fossile est la première source d’émissions, la transition énergétique est le levier le plus efficace : développer massivement les énergies renouvelables, électrifier les transports et le chauffage, et améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments et de l’industrie. À l’échelle d’un foyer, cela peut commencer par passer à l’énergie verte.
Réduire son empreinte carbone au quotidien
- Calculer son empreinte carbone est le premier pas : identifier les principales sources d’émissions de son quotidien pour savoir où agir — un calculateur en ligne permet de le faire en quelques minutes ;
- Réduire ses émissions est la priorité : optimiser sa consommation d’énergie, adopter des écogestes à la maison et au bureau, privilégier le train et les mobilités douces, réduire sa consommation de viande ;
- Compenser les émissions restantes en finançant des projets environnementaux certifiés, pour contribuer à l’effort mondial vers la neutralité carbone.
Une démarche de compensation carbone n’a de sens que si elle est accompagnée d’efforts de réduction : on compense ce que l’on n’a pas pu éviter, pas ce que l’on n’a pas voulu éviter.
Les entreprises : bilan carbone et RSE
Depuis 2010, les entreprises de plus de 500 salariés, les établissements publics de plus de 250 personnes et les collectivités de plus de 50 000 habitants ont l’obligation de réaliser leur bilan carbone. Cet outil permet de comptabiliser les émissions directes et indirectes de gaz à effet de serre, d’identifier des pistes d’amélioration et de mettre en place un plan de réduction — une démarche souvent valorisée dans la politique de responsabilité sociétale des entreprises (RSE).
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