5 à 7
Cycles de recyclage
avant épuisement des fibres
63 %
Papiers graphiques recyclés
en 2023 (Citeo)
÷3
Eau et énergie économisées
vs papier vierge (ADEME)
2023
Tri simplifié
tous les papiers au bac jaune

Le papier est-il recyclable ?

Oui : tous les papiers du quotidien — journaux, magazines, courriers, cahiers, enveloppes — se trient et se recyclent jusqu’à 5 à 7 fois. Depuis le 1er janvier 2023, ils se déposent partout en France dans le bac jaune. Seules exceptions : les papiers souillés, l’essuie-tout, les mouchoirs, le papier photo ou le papier peint, qui vont aux ordures ménagères.

Le papier est fait de fibres végétales, la cellulose, généralement obtenues à partir du bois. Ces fibres sont biodégradables, recyclables et non nocives pour la santé : il suffit de les récupérer pour en faire une nouvelle matière première. Avec la généralisation de l’extension des consignes de tri au 1er janvier 2023, plus besoin de chercher une poubelle bleue : papiers et emballages se déposent ensemble dans le bac jaune, en vrac et sans sac, même froissés ou déchirés.

Certaines communes conservent des conteneurs bleus dédiés aux papiers (apport volontaire, notamment en ville). Dans ce cas, papiers d’un côté, emballages de l’autre : en cas de doute, le guide du tri de Citeo indique la consigne exacte pour votre adresse.

Quels papiers se recyclent ? Les erreurs de tri à éviter

La règle est simple : tous les papiers se trient, mais il existe quelques faux-amis qui n’ont rien à faire dans le bac de tri. Direction le bac jaune pour :

  • Les journaux, magazines et revues (en retirant le film plastique, qui se trie aussi dans le bac jaune) ;
  • Les prospectus, publicités et dépliants ;
  • Les courriers, lettres et papiers de bureau, même agrafés ;
  • Les enveloppes, y compris à fenêtre, ainsi que les enveloppes kraft ;
  • Les cahiers, blocs-notes et annuaires, même à spirale ;
  • Les livres abîmés — pensez d’abord au don ou à la revente s’ils sont en bon état.

À l’inverse, ne mettez jamais dans le bac de tri les papiers suivants, qui perturbent le recyclage :

  • L’essuie-tout (sopalin), les mouchoirs et serviettes en papier usagés : souillés, ils vont aux ordures ménagères ou au compost ;
  • Le papier gras ou souillé par la nourriture (boîte à pizza imbibée, papier de boucherie…) ;
  • Le papier photo, plastifié pour supporter les encres ;
  • Le papier peint, encollé et souvent vinylique ;
  • Le papier cadeau plastifié ou métallisé (le papier cadeau « simple » se trie, lui) ;
  • Les papiers spéciaux : calque, carbone, papier sulfurisé, papier autocollant ;
  • Le papier toilette, évidemment ;
  • Les faux papiers : le « papier » aluminium se recycle avec les emballages en métal, le papier bulle avec les plastiques.

Et le ticket de caisse ? Contrairement à une idée reçue, la consigne officielle de l’ADEME est de déposer les tickets de caisse avec les papiers, dans le bac de tri. Les papiers thermiques français ne contiennent plus de bisphénol A, interdit dans les tickets depuis 2020.

Qu’en est-il du recyclage du papier en entreprise ? Depuis le 1er janvier 2018, les entreprises de plus de 20 salariés de bureau sont obligées de trier leurs papiers à la source et de les faire valoriser (décret dit « 5 flux »).

Pourquoi recycler le papier ?

logo recyclage

Recycler ses papiers évite d’extraire de nouvelles ressources naturelles et réduit les émissions de gaz à effet de serre liées à la production de papier neuf : c’est un levier direct de lutte contre le réchauffement climatique. Selon l’ADEME, fabriquer du papier recyclé consomme environ 3 fois moins d’eau et d’énergie que fabriquer du papier à partir de fibres vierges :

  • moins de bois prélevé : chaque fibre réutilisée évite de mobiliser de nouvelles coupes, et soulage la pression sur les forêts exploitées ;
  • moins d’eau : la trituration de vieux papiers demande beaucoup moins d’eau que la fabrication de pâte à partir du bois ;
  • moins d’énergie et de CO2 : le papier recyclé émet environ deux fois moins de CO2 que le papier vierge, selon la Base Carbone de l’ADEME ;
  • moins de déchets : un papier trié est une matière première ; un papier jeté aux ordures ménagères est incinéré ou enfoui, définitivement perdu.

C’est aussi un enjeu économique : les papiers et cartons récupérés constituent la première matière première de l’industrie papetière française, selon la COPACEL (l’union française des industries des cartons, papiers et celluloses). La filière du recyclage fait vivre des milliers d’emplois locaux, de la collecte au tri et à la préparation de la matière — un maillon clé de l’économie circulaire.

Certaines entreprises, comme Veolia, rachètent aux particuliers des papiers de tout type de qualité dans un objectif de recyclage. Quelques critères déterminent la rentabilité de l’opération comme le volume, la qualité, ou encore la distance des centres de traitement.

Comment le papier est-il recyclé ? Les 5 étapes

poubelle de tri pour le recyclage du papier

Du bac jaune à la feuille neuve, le processus de recyclage du papier suit cinq grandes étapes :

  1. 1
    La collecte et le tri : les papiers déposés dans le bac jaune sont acheminés vers un centre de tri, où ils sont séparés des emballages puis triés par qualité (journaux, papiers de bureau…).
  2. 2
    Le pulpage (ou trituration) : mélangés à de l’eau dans un pulpeur géant, les vieux papiers sont défibrés pour redevenir une pâte à papier.
  3. 3
    L’épuration : la pâte est filtrée pour éliminer les éléments étrangers — agrafes, trombones, spirales, colles, plastiques — qui sont redirigés vers leurs propres filières de recyclage.
  4. 4
    Le désencrage : des bulles d’air injectées dans la pâte décollent les particules d’encre, qui remontent en surface sous forme de mousse ; la pâte peut ensuite être blanchie, notamment à l’eau oxygénée.
  5. 5
    La refabrication : la pâte recyclée rejoint le procédé habituel de fabrication — séchage, mise en bobine — pour redevenir du papier journal, du papier d’impression, du carton, des produits d’hygiène ou de la ouate de cellulose pour l’isolation.

Pas besoin d’enlever les agrafes, trombones ou spirales avant de trier vos papiers : les pulpeurs et épurateurs des usines les extraient sans difficulté. Inutile aussi de déchirer les enveloppes à fenêtre.

Le recyclage du papier en France : les chiffres

Le papier est l’une des filières historiques du tri en France. En 2023, le taux de recyclage des papiers graphiques (journaux, magazines, courriers, papiers de bureau) a atteint 63 % selon Citeo, en hausse de près de 3 points sur un an. Les emballages en papier-carton font encore mieux, avec 77 % de recyclage — voir notre guide du recyclage du carton.

Les chiffres clés du recyclage du papier en France (Citeo, 2023)
Indicateur Chiffre
Taux de recyclage des papiers graphiques 63 %
Taux de recyclage des emballages papier-carton 77 %
Taux de recyclage de l’ensemble des emballages ménagers 67 %
Nombre de cycles de recyclage possibles pour une fibre 5 à 7
Eau et énergie consommées par le papier recyclé ≈ 3 fois moins que le papier vierge (ADEME)

Près de 4 papiers sur 10 échappent donc encore au recyclage. La marge de progression se situe surtout hors du domicile : au bureau, dans la rue ou dans les transports, le réflexe de tri est moins ancré qu’à la maison. Et si la consommation de papier baisse d’année en année avec la dématérialisation, cette dernière n’est pas neutre pour autant : écrans, réseaux et data centers ont aussi leur empreinte numérique.

Les labels de papier recyclé

Pour boucler la boucle, encore faut-il consommer du papier recyclé ou éco-responsable. Trois logos principaux permettent de le repérer :

Quels logos pour les papiers recyclés ?
Label Caractéristiques
logo FSC Recyclé FSC Recyclé : papier fabriqué à partir de 100 % de fibres recyclées.
logo APUR APUR : papier fabriqué à partir d’au moins 50 % de fibres recyclées (le pourcentage exact est indiqué sur chaque label).
logo Écolabel européen Écolabel européen : papier fabriqué de manière responsable, à impact environnemental réduit sur tout son cycle de vie.

Une fabrication éco-responsable du papier recyclé, en plus de lui offrir une seconde vie, consomme beaucoup moins d’eau et d’énergie que la production d’un papier vierge.

Réduire et trier le papier au bureau comme à la maison

Le meilleur papier reste celui qu’on ne consomme pas. Quelques gestes simples réduisent le gaspillage avant même le tri :

  • imprimer recto verso, en noir et blanc, et seulement quand c’est nécessaire ;
  • réutiliser les impressions ratées comme papier brouillon avant de les trier ;
  • apposer un autocollant Stop Pub sur sa boîte aux lettres pour éviter les prospectus non lus ;
  • choisir du papier recyclé labellisé (FSC Recyclé, APUR, Écolabel) pour ses achats ;
  • donner ou revendre ses livres plutôt que de les jeter, et emprunter en bibliothèque ;
  • installer une corbeille à papier dédiée au bureau et à la maison, pour que le tri devienne automatique.

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Les limites du recyclage du papier

Aussi vertueux soit-il, le recyclage du papier n’est pas infini :

  • les fibres s’épuisent : à chaque cycle, les fibres de cellulose raccourcissent et perdent en résistance. Au bout de 5 à 7 cycles, elles deviennent trop courtes pour refaire du papier — contrairement au verre ou à l’aluminium, recyclables à l’infini ;
  • un apport de fibres vierges reste nécessaire pour maintenir la qualité : le papier 100 % recyclé n’existe que parce que d’autres papiers injectent des fibres neuves dans la boucle ;
  • les papiers souillés ou plastifiés (essuie-tout, papier gras, papier photo…) n’ont pas de filière de recyclage et finissent incinérés, enfouis ou compostés ;
  • le désencrage produit des boues qui doivent elles-mêmes être traitées ou valorisées, et le blanchiment consomme des produits chimiques.

La priorité reste donc la réduction à la source : moins d’impressions et moins de papier superflu, puis le réemploi, et enfin un tri rigoureux pour tout ce qui ne peut être évité — la logique des « 3R » détaillée dans notre guide du recyclage des déchets.

Nos autres guides sur le recyclage

Questions fréquentes

Le papier peut être recyclé 5 à 7 fois. À chaque cycle, les fibres de cellulose qui le composent raccourcissent et perdent en résistance : au-delà, elles deviennent trop courtes pour former une feuille solide. C’est pourquoi la filière incorpore en permanence des fibres vierges dans la boucle, contrairement au verre ou à l’aluminium qui se recyclent à l’infini sans perte de qualité.

Non. L’essuie-tout, les mouchoirs et les serviettes en papier usagés sont souillés : leurs fibres, déjà très courtes, sont inutilisables et ils contamineraient les autres papiers du bac de tri. Ils se jettent avec les ordures ménagères, ou au compost s’ils ne portent que des salissures alimentaires (sans produit chimique ni gras d’hydrocarbure).

Oui. La consigne officielle de l’ADEME est de déposer les tickets de caisse dans le bac de tri, avec les autres papiers. Les tickets sont imprimés sur du papier thermique, mais le bisphénol A y est interdit en France depuis 2020. Le meilleur réflexe reste toutefois de refuser le ticket quand il n’est pas utile : depuis août 2023, il n’est d’ailleurs plus imprimé automatiquement en magasin.

Non, ce n’est pas nécessaire. Les pulpeurs et les épurateurs des usines de recyclage extraient sans difficulté les agrafes, trombones et spirales métalliques, qui sont ensuite redirigés vers la filière des métaux. Inutile également de déchirer la fenêtre plastique des enveloppes. En revanche, retirez le film plastique qui entoure les magazines : il se trie séparément, avec les emballages.

Dans le bac jaune. Depuis le 1er janvier 2023, l’extension des consignes de tri est généralisée à toute la France : tous les papiers et tous les emballages se déposent ensemble dans le bac de tri, en vrac et sans sac, même froissés ou déchirés. Certaines communes conservent en complément des conteneurs bleus dédiés aux papiers : le guide du tri de Citeo indique la consigne exacte pour votre adresse.