≈ 24 %
De l’empreinte carbone des Français
part de l’alimentation (ADEME)
28 kg
De CO2e par kg de bœuf
contre 0,6 kg pour les lentilles (Agribalyse)
9,7 Mt
De déchets alimentaires par an
en France en 2023 (ministère)
× 8
Tomate sous serre chauffée
vs tomate de saison (ADEME)

Alimentation durable : définition

L’alimentation durable est un mode d’alimentation qui protège à la fois la santé et l’environnement, tout en restant accessible économiquement et rémunérateur pour les producteurs. Selon la FAO, elle se caractérise par un faible impact environnemental, contribue à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, et permet une vie saine pour les générations actuelles et futures.

« Les régimes alimentaires durables sont des régimes ayant de faibles conséquences sur l’environnement, qui contribuent à la sécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi qu’à une vie saine pour les générations présentes et futures. » — définition de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, 2010)

L’ADEME, l’Agence de la transition écologique, complète cette approche : une alimentation durable vise à nourrir les êtres humains en qualité et en quantité suffisante, aujourd’hui et demain, dans le respect de l’environnement, en étant accessible économiquement et rémunératrice sur l’ensemble de la chaîne alimentaire.

Manger durable — on parle aussi d’alimentation responsable — concerne donc chacun d’entre nous, par le biais de notre santé et du rapport que nous entretenons au monde. Mais cela concerne aussi les êtres humains dans leur globalité, dont le nombre continue d’augmenter et qu’il faut pouvoir nourrir. Dans une économie mondialisée, il est impossible de s’interroger sur ses propres habitudes de consommation sans prendre en compte l’impact que celles-ci peuvent avoir sur la sécurité alimentaire de populations à l’autre bout du monde.

L’alimentation durable porte enfin un enjeu intergénérationnel : changer dès aujourd’hui nos régimes alimentaires, c’est s’interroger sur l’héritage laissé aux générations suivantes, particulièrement en matière de richesse des sols et de biodiversité.

Pourquoi adopter une alimentation durable ?

L’alimentation durable est indissociable de la notion de développement durable, défini comme « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». À cette définition proposée par l’ancienne Première ministre norvégienne Gro Harlem Brundtland, il faut ajouter le triple aspect du développement durable : économique, social et environnemental. Ces trois piliers se retrouvent au cœur de notre assiette.

Schéma du développement durable : piliers économique, social et environnemental

Un enjeu économique : rémunérer équitablement les producteurs

D’un point de vue économique, l’objectif de l’alimentation durable est que tous les acteurs de la chaîne de valeur soient rémunérés équitablement. Cela passe notamment par un raccourcissement du chemin entre le producteur et le consommateur, à contre-courant du modèle d’agriculture productiviste qui s’est développé en France depuis le milieu du vingtième siècle. En privilégiant les circuits courts et les produits locaux, on réduit le nombre d’intermédiaires, on limite le coût du transport des denrées ainsi que son impact environnemental.

Par ailleurs, une partie des aliments que nous consommons ne peuvent pas être produits sur le territoire national : c’est le cas du cacao ou du café. L’alimentation durable ne consiste pas à s’en priver, mais à en avoir une consommation raisonnée, qui prend en considération les conditions de vie des producteurs à l’autre bout du globe — d’où l’intérêt des labels certifiant le commerce équitable.

Un enjeu social et sanitaire

Consommer plus localement, c’est aussi faire vivre les petits producteurs des environs et recréer du lien social entre producteurs et consommateurs, au marché, dans les épiceries de quartier ou directement à l’exploitation. C’est enfin s’assurer que chacun se sente concerné par les enjeux alimentaires et agricoles, puisque ceux-ci s’ancrent directement dans le territoire local.

Interroger nos pratiques alimentaires constitue également l’occasion de définir un régime plus respectueux de notre propre santé : en consommant moins de produits ultra-transformés et en évitant les excès de graisses, de sucre et de sel, on réduit les risques d’obésité, de maladies cardio-vasculaires, de cancers ou de diabète.

Un enjeu écologique : sols, climat et biodiversité

Favoriser une alimentation durable, c’est privilégier une agriculture raisonnée et moins intensive, et ainsi lutter contre l’appauvrissement des sols, la désertification et l’érosion de la biodiversité. C’est ici que se révèle l’importance des produits labellisés et de l’agriculture biologique, qui permettent de mieux informer le consommateur afin de le guider dans ses choix alimentaires.

Production agricole et alimentation constituent aussi l’un des tout premiers postes d’émissions de gaz à effet de serre (GES) en France. Réduire son empreinte écologique passe donc inévitablement par l’assiette, comme le montrent les chiffres ci-dessous.

Quel est l’impact carbone de notre alimentation ?

Selon l’ADEME, l’alimentation représente environ un quart (22 à 25 %) de l’empreinte carbone des Français. Les deux tiers de ces émissions proviennent de la phase de production agricole, avant même le transport, la transformation ou l’emballage. Et dans l’assiette, tous les aliments ne se valent pas : viande, poisson, produits laitiers et œufs concentrent à eux seuls près des deux tiers de l’empreinte carbone alimentaire.

Empreinte carbone de quelques aliments courants, en kg de CO2e par kg d’aliment (source : Impact CO2 — ADEME, base Agribalyse 3.2)
Aliment Empreinte carbone (kg CO2e/kg) Équivalent en kg de lentilles
Bœuf 28,0 ≈ 48 kg
Veau 22,5 ≈ 39 kg
Crevettes 20,4 ≈ 35 kg
Porc 6,7 ≈ 12 kg
Fromage à pâte dure 6,3 ≈ 11 kg
Saumon 5,6 ≈ 10 kg
Poulet 4,6 ≈ 8 kg
Riz 2,0 ≈ 3,5 kg
Œufs 1,9 ≈ 3 kg
Tofu 1,0 ≈ 1,7 kg
Pois chiches 0,9 ≈ 1,6 kg
Lentilles 0,6 1 kg

L’écart est vertigineux : produire 1 kg de bœuf émet près de 50 fois plus de GES que produire 1 kg de lentilles, à apport protéique pourtant comparable une fois les légumineuses associées à des céréales. À l’échelle d’un repas complet, l’ADEME estime qu’un repas avec du bœuf émet 4,97 kg de CO2e, contre 0,85 kg pour un repas végétarien et 0,54 kg pour un repas végétalien.

Comment manger durable ? Les 6 grands principes

Pas besoin de devenir végan du jour au lendemain : adopter une alimentation durable, c’est avant tout rééquilibrer son assiette. Le WWF et l’ADEME convergent vers six principes simples :

  1. 1
    Végétaliser son assiette : consommer davantage de protéines végétales (pois, lentilles, soja, fèves…) et de céréales complètes (blé, sarrasin, quinoa…), qui affichent les empreintes carbone les plus faibles.
  2. 2
    Manger moins de viande, mais de meilleure qualité : réduire sa consommation de produits d’origine animale — en particulier de viande rouge — et privilégier les produits labellisés issus d’élevages plus extensifs.
  3. 3
    Choisir des produits de saison et locaux : fruits et légumes de saison, circuits courts, marchés de producteurs — pour éviter les serres chauffées et les transports longue distance.
  4. 4
    Cuisiner maison plutôt qu’industriel : limiter les plats ultra-transformés au profit de plats maison diversifiés, meilleurs pour la santé comme pour l’environnement.
  5. 5
    Limiter le gras et le sucre : réduire snacking, confiseries et sodas, dont la production est gourmande en ressources et la valeur nutritionnelle faible.
  6. 6
    Traquer le gaspillage : acheter au plus juste, cuisiner les restes et apprendre à décoder les dates de péremption (DLC et DDM) pour ne plus jeter d’aliments encore consommables.

Quels labels pour une alimentation responsable ?

Face à la multiplication des logos sur les emballages, mieux vaut savoir ce que chaque label garantit réellement. Les signes officiels de qualité et d’origine recensés par le ministère de l’Agriculture ne couvrent pas tous les mêmes enjeux :

Principaux labels alimentaires et ce qu’ils garantissent réellement
Label Ce qu’il garantit Portée environnementale
AB / Eurofeuille (bio) Agriculture sans pesticides de synthèse ni OGM, bien-être animal renforcé Forte : cahier des charges européen contraignant et contrôlé
HVE (Haute Valeur Environnementale) Certification environnementale des exploitations (niveau 3) : biodiversité, réduction des intrants Intermédiaire : moins exigeante que le bio
Label Rouge Qualité gustative supérieure et conditions d’élevage plus strictes Limitée : ce n’est pas un label environnemental
MSC (pêche durable) Poissons issus de pêcheries gérées durablement Ciblée sur la préservation des stocks marins
Commerce équitable (Fairtrade/Max Havelaar…) Rémunération plus juste des producteurs, notamment pour café, cacao, banane Sociale avant tout, avec des critères environnementaux croissants

En pratique, le combo le plus vertueux reste bio + local + de saison : un produit labellisé agriculture biologique mais importé par avion hors saison perd une grande partie de son intérêt climatique.

Gaspillage alimentaire : le levier oublié de l’alimentation durable

Manger durable, c’est aussi ne pas produire pour jeter. Selon le ministère de la Transition écologique, la France a généré 9,7 millions de tonnes de déchets alimentaires en 2023, soit 142 kg par personne, dont 55 kg de parties comestibles. À l’échelle mondiale, près de 20 % de la nourriture produite finit à la poubelle.

La loi Garot (2016) puis la loi AGEC (2020) imposent aux distributeurs de donner leurs invendus consommables et fixent un objectif de réduction du gaspillage de 50 % d’ici 2025 pour la distribution et la restauration collective, et d’ici 2030 pour les ménages. Au quotidien, quelques réflexes suffisent :

  • apprendre à distinguer DLC et DDM grâce à notre guide des dates de péremption : un produit à DDM dépassée reste consommable ;
  • planifier ses menus et acheter au plus juste, dans une logique de consommation responsable ;
  • cuisiner les restes (pain dur en chapelure, légumes fatigués en soupe) et utiliser les applis anti-gaspi comme Too Good To Go ou Phenix ;
  • composter les déchets incompressibles (épluchures, marc de café), obligatoire à la source en France depuis 2024 ;
  • adopter plus largement les écogestes du quotidien et viser une démarche zéro déchet.

Vers une agriculture plus durable

Changer ses habitudes pour consommer plus durablement permet à chacun de devenir acteur du changement. En adoptant un régime plus respectueux de l’environnement et en consommant plus local, on incite les acteurs du secteur agricole à revoir leur modèle : alimentation durable et agriculture durable s’entraînent mutuellement dans un cercle vertueux. Parmi les pratiques agricoles durables :

  • l’agroécologie, qui utilise les interactions naturelles des écosystèmes comme facteur de production, avec moins de produits phytosanitaires et des cultures plus diverses ;
  • la préservation des écosystèmes et de leur biodiversité, notamment via la permaculture, qui conçoit les espaces agricoles comme des écosystèmes complets, durables et résilients ;
  • un élevage plus extensif : réduction de la taille des troupeaux, meilleur accès aux pâturages et prise en compte du bien-être animal ;
  • moins de cultures fourragères, au profit de la culture de légumineuses destinées à l’alimentation humaine.

Les industries agroalimentaires et la grande distribution ont évidemment leur rôle à jouer dans cette transition : transports et logistique, réduction des emballages plastiques, rémunération plus juste des producteurs et traçabilité des produits.

Vous souhaitez aller plus loin dans votre compréhension des grands enjeux de la transition écologique ? N’hésitez pas à parcourir nos autres guides pour comprendre l’écologie !

Questions fréquentes

L’alimentation durable désigne un mode d’alimentation à faible impact environnemental, qui contribue à la sécurité alimentaire et nutritionnelle et à une vie saine pour les générations actuelles et futures, selon la définition de la FAO. Concrètement, elle repose sur des produits de saison, locaux, peu transformés, moins de viande, des labels fiables et la lutte contre le gaspillage alimentaire.

Selon l’ADEME, l’alimentation représente environ un quart (22 à 25 %) de l’empreinte carbone des Français. Les deux tiers de ces émissions proviennent de la phase de production agricole, et la viande, le poisson, les produits laitiers et les œufs concentrent à eux seuls près des deux tiers de l’empreinte carbone de l’assiette.

D’après la base Agribalyse de l’ADEME, le bœuf est de loin l’aliment le plus émetteur avec environ 28 kg de CO2e par kg, devant le veau (22,5 kg) et les crevettes (20 kg). À l’inverse, les légumineuses comme les lentilles (0,6 kg) ou les pois chiches (0,9 kg) et le tofu (1 kg) affichent les empreintes les plus faibles.

Non. Le bio garantit un mode de production sans pesticides de synthèse ni OGM, mais un produit bio importé par avion ou cultivé hors saison sous serre chauffée peut avoir une empreinte carbone élevée. L’alimentation durable est plus large : elle combine le mode de production (bio, HVE), la saisonnalité, la proximité, la juste rémunération des producteurs et la réduction du gaspillage.

Les aliments les plus durables sont souvent les moins chers : légumineuses (lentilles, pois chiches), céréales complètes, fruits et légumes de saison achetés au marché ou en circuit court. Réduire la viande, cuisiner maison, profiter des rayons à date courte et des applis anti-gaspi comme Too Good To Go permet à la fois d’alléger son empreinte carbone et son ticket de caisse.