10,9 M ha
Déforestation annuelle
moyenne 2015-2025 (FAO)
4,3 M ha
Forêt tropicale perdue
en 2025 (Global Forest Watch)
−11 %
Amazonie brésilienne
déforestation en 2025 (INPE)
4 140 M ha
Forêt dans le monde
31 % des terres (FAO 2025)

Déforestation : définition

La déforestation désigne la perte permanente de surface forestière provoquée par l’activité humaine, généralement pour convertir la forêt en terres agricoles, en pâturages, en mines ou en zones urbaines. Elle se distingue de la dégradation forestière, où la forêt reste sur pied mais perd en densité, en biodiversité ou en capacité à stocker le carbone. Aujourd’hui, la quasi-totalité de la déforestation est d’origine humaine et se concentre dans les régions tropicales.

Selon l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025 (FRA 2025) de la FAO, la planète compte environ 4 140 millions d’hectares de forêt, soit 31 % de la surface des terres émergées. La déforestation a ralenti pour s’établir à une moyenne de 10,9 millions d’hectares par an sur la période 2015-2025, contre 13,6 millions par an entre 2000 et 2015. C’est une bonne nouvelle, mais le rythme reste bien trop élevé : chaque année, le monde perd une surface de forêt supérieure à celle du Portugal.

Quelles sont les causes de la déforestation ?

feu de forêt

Des événements naturels comme les maladies, les parasites ou les tempêtes peuvent détruire des boisements, mais la très grande majorité de la déforestation est due à l’activité humaine — la FAO estime que l’expansion agricole en explique à elle seule près de 90 %. Cinq moteurs dominent.

L’élevage : premier moteur de la déforestation tropicale

L’expansion des pâturages pour le bétail est la première cause directe de déforestation tropicale, en particulier en Amérique latine. En Amazonie, l’élevage extensif est à l’origine de la majeure partie de la forêt abattue et brûlée : on rase la forêt pour ouvrir des prairies destinées à l’élevage bovin, pour la viande et le cuir.

L’agriculture : soja et huile de palme

La culture du soja — destinée en grande partie à nourrir le bétail à l’échelle mondiale — et le palmier à huile sont les deux cultures les plus associées à la déforestation. L’huile de palme est l’huile végétale la plus produite au monde : on la retrouve dans une multitude d’aliments, de cosmétiques, de produits d’entretien et de biocarburants. Ses plantations ont remplacé de vastes étendues de forêt tropicale en Asie du Sud-Est.

L’agriculture biologique, l’agroécologie et une consommation responsable de ces produits sont des leviers clés pour réduire cette pression sur les forêts.

L’exploitation forestière

L’exploitation forestière, légale comme illégale, dégrade et supprime des forêts partout dans le monde pour fournir bois, papier et charbon de bois. La coupe sélective ouvre en outre des pistes d’accès vers des zones jusque-là intactes, ouvrant la voie aux agriculteurs et aux éleveurs et accélérant la déforestation qui s’ensuit.

Mines et infrastructures

L’activité minière (or, fer, bauxite), l’extraction pétrolière et la construction de routes, barrages et villes détruisent directement la forêt et fragmentent les écosystèmes alentour. L’orpaillage illégal est particulièrement destructeur en Amazonie, où il empoisonne aussi les rivières au mercure.

Les incendies de forêt

Les incendies deviennent un facteur déterminant. Selon Global Forest Watch (WRI), en 2024 — pour la première fois depuis le début des relevés — le feu, et non plus l’agriculture, a été la première cause de perte de forêt tropicale primaire, avec près de la moitié du total. Sous les tropiques, la plupart des incendies sont d’origine humaine : allumés pour défricher, ils échappent à tout contrôle, aggravés par des sécheresses intensifiées par le réchauffement climatique.

Quelles sont les conséquences de la déforestation ?

Les forêts jouent un double rôle pour la planète : elles sont à la fois les « poumons de la Terre » et ses plus grands réservoirs de biodiversité. Les détruire déclenche des réactions en chaîne sur le climat, la faune, l’eau et les populations.

Émissions de CO2 et changement climatique

Les arbres sont des puits de carbone : ils absorbent du CO2 tout au long de leur vie et le stockent. Lorsqu’ils sont abattus ou brûlés, ce carbone repart dans l’atmosphère. La seule perte de forêt tropicale primaire de 2024 a libéré 3,1 gigatonnes de gaz à effet de serre, selon le WRI. La déforestation est ainsi un contributeur majeur de l’effet de serre.

Perte de biodiversité

Les forêts abritent environ 80 % de la biodiversité terrestre. Habitat de millions d’espèces, leur destruction anéantit faune et flore et pousse de nombreuses espèces vers l’extinction. Chaque hectare de forêt tropicale perdu efface un écosystème unique et irremplaçable.

Un cycle de l’eau perturbé

Les forêts régulent le cycle de l’eau : elles absorbent les pluies, les restituent par évapotranspiration et alimentent les nuages qui portent la pluie vers l’intérieur des terres. L’Amazonie fonctionne comme une gigantesque « pompe à humidité » qui arrose une bonne partie de l’Amérique du Sud. La déforester réduit les précipitations, aggrave les sécheresses et menace l’agriculture et l’approvisionnement en eau de régions entières.

Impact sur les peuples autochtones

Des millions de peuples autochtones et de communautés locales dépendent directement de la forêt pour leur alimentation, leur culture et leur subsistance. La déforestation détruit leurs territoires, souvent par des invasions illégales. Paradoxalement, les territoires autochtones reconnus figurent parmi les zones les mieux préservées de la planète : garantir leurs droits est l’un des moyens les plus efficaces de ralentir la déforestation.

Dégradation des sols et désertification

Les racines des arbres fixent le sol et l’enrichissent en matière organique. Sans couvert végétal, la terre est exposée à l’érosion du vent et de la pluie, perd sa fertilité et peut finir aride. La déforestation est ainsi l’une des principales causes de la désertification.

La déforestation dans le monde : données par région

La déforestation est un phénomène mondial, mais elle se concentre dans les trois grandes forêts tropicales : l’Amazonie, le bassin du Congo et l’Asie du Sud-Est. En 2024, le monde a perdu un record de 6,7 millions d’hectares de forêt tropicale primaire, soit presque le double de 2023 ; en 2025, cette perte a reculé de 36 %, à 4,3 millions d’hectares, tout en restant supérieure de 46 % au niveau d’il y a dix ans, selon Global Forest Watch.

Afin de mesurer l’ampleur du phénomène en temps réel, la plateforme Global Forest Watch permet de visualiser la déforestation dans le monde grâce à l’imagerie satellite.

Déforestation annuelle en Amazonie légale brésilienne (km²)

Source : INPE (PRODES), 2025

L’Amazonie (Brésil)

La forêt amazonienne est la plus grande forêt tropicale de la planète et une réserve de biodiversité et de carbone sans égale. L’élevage intensif en est le premier moteur de déforestation, suivi du soja et des mines. Après les pics de 2021-2022, le Brésil a inversé la tendance : selon l’INPE (système PRODES), la déforestation de l’Amazonie a chuté de 11 % en 2025 pour tomber à 5 796 km², le troisième chiffre le plus bas depuis 1988 et une baisse cumulée d’environ 50 % depuis 2022.

Le bassin du Congo (Afrique centrale)

La forêt du bassin du Congo est le deuxième poumon tropical du monde. La République démocratique du Congo a enregistré en 2024 une perte record de 590 000 hectares de forêt primaire, la troisième plus élevée au monde. Les causes principales sont l’agriculture de subsistance, la production de charbon de bois pour la cuisson et les incendies associés.

L’Asie du Sud-Est (Indonésie)

L’Indonésie a longtemps été l’un des plus grands foyers de déforestation, du fait de l’expansion du palmier à huile et des plantations à pâte à papier. Les politiques de moratoire et la surveillance satellitaire ont toutefois réduit son rythme de façon spectaculaire : en 2024, le pays a perdu environ 261 000 hectares de forêt primaire, bien en deçà des pics du milieu des années 2010.

Le Maghreb et l’Afrique du Nord

Le Maghreb ne connaît pas la déforestation tropicale, mais ses forêts méditerranéennes — chênes-lièges, chênes verts et pins d’Alep — sont fragiles et de plus en plus menacées par les incendies, aggravés par les canicules et les sécheresses. En Tunisie, les espaces forestiers couvrent un peu plus d’un million d’hectares ; l’été 2023 a vu partir en fumée près de 4 800 hectares de forêts, dont les pinèdes de Melloula, à Tabarka, à la frontière algérienne.

En Algérie, les forêts et maquis du Nord couvrent environ 4,1 millions d’hectares. Le pays a été frappé par des incendies dévastateurs, notamment à l’été 2021 en Kabylie, où des dizaines de milliers d’hectares ont brûlé en quelques jours, causant de lourdes pertes humaines. Sur les deux rives de la Méditerranée, l’essentiel des départs de feu est d’origine humaine, et la reconstitution des peuplements est lente : la lutte contre l’artificialisation des sols et la prévention des incendies y sont des enjeux majeurs.

La situation en France

La France ne subit pas de déforestation tropicale : sa surface forestière a même progressé au cours des dernières décennies. Sa grande menace, ce sont les incendies, de plus en plus fréquents et intenses avec les vagues de chaleur. Surtout, l’essentiel de la déforestation liée à la France se produit hors de son territoire : le pays importe et consomme des produits (soja, huile de palme, cacao, bœuf…) qui alimentent la déforestation à l’autre bout du monde — ce que l’on appelle la déforestation importée.

Comment lutter contre la déforestation ?

reforestation

Enrayer la déforestation suppose d’agir sur trois fronts : restaurer les forêts dégradées, réguler les chaînes d’approvisionnement et changer nos habitudes de consommation. Les reculs récents observés au Brésil et en Indonésie montrent que des politiques adaptées, appliquées avec constance, produisent des résultats mesurables.

Reforestation ou restauration ?

La reforestation replante des arbres sur une zone déboisée, mais à elle seule elle ne suffit pas : elle se traduit souvent par des plantations mono-spécifiques qui ne reproduisent pas la biodiversité de la forêt d’origine. La restauration écologique va plus loin : elle reconstitue l’écosystème complet avec des espèces autochtones. Deux approches complémentaires se distinguent :

  • l’agroforesterie, qui intègre les arbres dans les systèmes agricoles, protège les sols et restaure les écosystèmes dégradés sans renoncer à la production agricole ;
  • les projets carbone forestiers, qui financent la conservation et la restauration des forêts et soutiennent les communautés locales qui les protègent — il est possible d’en soutenir un via un projet de compensation carbone.

La législation : le règlement européen contre la déforestation (RDUE)

L’Union européenne a adopté le règlement (UE) 2023/1115 sur les produits « zéro déforestation » (RDUE, ou EUDR en anglais), qui interdit de vendre dans l’UE des matières premières comme le soja, l’huile de palme, le bœuf, le cacao, le café, le caoutchouc ou le bois si elles proviennent de terres déboisées après 2020. Son application a été reportée à plusieurs reprises : le règlement (UE) 2025/2650 fixe désormais l’entrée en vigueur au 30 décembre 2026 pour les grandes et moyennes entreprises et à juin 2027 pour les micro et petites entreprises.

Consommation responsable et compensation

Chacun peut contribuer à réduire la pression sur les forêts par une consommation plus responsable : manger moins de viande, éviter les produits contenant de l’huile de palme non durable, choisir du bois et du papier certifiés (FSC, PEFC) et réduire son empreinte écologique. Adopter l’éco-construction avec des matériaux locaux et renouvelables, ou privilégier des achats responsables, participe aussi à la transition énergétique. En complément, il est possible de compenser son empreinte carbone en soutenant des projets de conservation et de restauration forestière.

Agir pour les forêts avec Selectra
En France, des associations et sociétés comme EcoTree ou Reforest’Action œuvrent à la préservation, à la reforestation et à l’entretien des forêts. Vous pouvez compenser vos émissions de CO2e à hauteur de votre empreinte carbone en soutenant un projet environnemental.

Retrouvez nos autres guides pratiques sur la protection de l’environnement et la lutte contre le réchauffement climatique.

Questions fréquentes

Plus de 90 % de la déforestation est d’origine humaine. Les causes principales sont l’élevage (pâturages pour le bétail, surtout en Amérique latine), l’agriculture (culture du soja et du palmier à huile), l’exploitation forestière pour le bois et le papier, les mines et les infrastructures, ainsi que des incendies de plus en plus destructeurs — devenus en 2024, pour la première fois, la première cause de perte de forêt tropicale primaire.

La déforestation libère dans l’atmosphère le CO2 stocké par les arbres (3,1 gigatonnes de gaz à effet de serre pour les seules pertes tropicales de 2024), aggravant le changement climatique. Elle détruit aussi l’habitat de près de 80 % de la biodiversité terrestre, perturbe le cycle de l’eau et accentue les sécheresses, érode les sols jusqu’à la désertification, et prive de leur territoire les peuples autochtones qui dépendent de la forêt.

La déforestation se concentre dans les trois grandes forêts tropicales : l’Amazonie (Brésil), le bassin du Congo (République démocratique du Congo) et l’Asie du Sud-Est (Indonésie). En 2025, le monde a perdu 4,3 millions d’hectares de forêt tropicale primaire, soit 36 % de moins que lors de l’année record 2024, mais encore 46 % au-dessus du niveau d’il y a dix ans, selon Global Forest Watch.

Lutter contre la déforestation suppose de restaurer les forêts dégradées avec des espèces autochtones et des pratiques comme l’agroforesterie, de réguler les chaînes d’approvisionnement (par exemple avec le règlement européen RDUE, qui interdit d’importer des produits liés à la déforestation) et d’adopter une consommation responsable : manger moins de viande, éviter l’huile de palme non durable, choisir du bois et du papier certifiés, et compenser son empreinte carbone.

Le Maghreb ne connaît pas la déforestation tropicale, mais ses forêts méditerranéennes sont menacées par les incendies, aggravés par les canicules et les sécheresses. En Tunisie, près de 4 800 hectares de forêts ont brûlé durant l’été 2023, dont les pinèdes de Melloula. En Algérie, les incendies de l’été 2021 en Kabylie ont ravagé des dizaines de milliers d’hectares. Sur les deux rives, la plupart des feux sont d’origine humaine.