-7 %
Sur la conso de chauffage
par degré en moins (ADEME)
80 €
Économisés par an
en éteignant les veilles (ADEME)
66 %
Part du chauffage
dans la conso d’énergie du logement
4,4 %
Empreinte carbone du numérique
en France (ADEME, 2025)

Qu’est-ce qu’un écogeste ? Définition

Un écogeste (ou éco-geste) est un geste simple du quotidien qui réduit la consommation d’énergie, d’eau ou de ressources naturelles, et donc à la fois la facture et l’empreinte carbone du foyer. Baisser le chauffage de 1 °C, laver son linge à 30 °C ou éteindre les appareils en veille comptent parmi les écogestes les plus efficaces mesurés par l’ADEME.

Les écogestes couvrent tous les postes de consommation d’un ménage : le chauffage, l’eau chaude, l’électroménager, le numérique, les déplacements et les déchets. Pris isolément, chacun semble anecdotique ; cumulés, ils permettent d’économiser des centaines de kilowattheures par an et de réduire sensiblement son empreinte carbone, sans travaux ni investissement lourd.

Écogeste ou sobriété énergétique ? Les deux notions se recoupent : la sobriété énergétique désigne la réduction volontaire et organisée des consommations (au niveau d’un foyer, d’une entreprise ou d’un pays), tandis que l’écogeste en est la déclinaison concrète, à l’échelle individuelle et quotidienne.

Quels sont les écogestes les plus efficaces ? Le tableau des économies

Tous les écogestes ne se valent pas. Voici ceux dont l’impact est le mieux documenté par l’ADEME, avec les économies annuelles estimées pour un foyer type :

Les écogestes les plus efficaces et leurs économies estimées (2026)
Écogeste Économie estimée
Baisser le chauffage de 1 °C -7 % sur la consommation de chauffage, soit environ 105 €/an pour une facture de 1 500 €
Éteindre les veilles des appareils Jusqu’à 15 % de la facture d’électricité hors chauffage, soit environ 80 €/an
Remplacer 10 halogènes par des LED Environ 470 kWh/an, soit près de 90 €/an
Laver le linge à 30 °C au lieu de 60 °C 2 fois moins d’énergie par cycle, soit environ 30 €/an
Lancer le programme éco du lave-vaisselle Jusqu’à 45 % d’électricité en moins qu’un programme intensif
Dégivrer réfrigérateur et congélateur Évite jusqu’à 30 % de surconsommation dès 3 mm de givre
Couvrir les casseroles pendant la cuisson 25 % d’énergie de cuisson en moins
Pratiquer l’écoconduite Jusqu’à 15 % de carburant en moins, soit environ un plein tous les six mois

Sources : ADEME — les bons gestes pour un chauffage plus économique ; ADEME — 20 solutions pour réduire sa consommation d’électricité ; ADEME — l’écoconduite. Conversions en euros calculées au prix repère de l’électricité de 0,1940 €/kWh TTC (tarif réglementé en vigueur en 2026).

Chauffage et eau chaude : les écogestes les plus rentables

Le chauffage représente 66 % de la consommation d’énergie d’un logement et l’eau chaude sanitaire environ 11 %, selon l’ADEME. C’est donc sur ces deux postes que les écogestes rapportent le plus.

Régler la bonne température pièce par pièce

La règle d’or est connue : baisser la température de 1 °C réduit la consommation de chauffage d’environ 7 %. Les températures recommandées par l’ADEME sont :

  • 19 °C dans les pièces de vie ;
  • 17 °C dans les chambres, la nuit ;
  • 22 °C dans la salle de bain, uniquement pendant la toilette ;
  • 55 °C pour le chauffe-eau — jamais en dessous de 50 °C, pour écarter tout risque sanitaire.

Un thermostat programmable automatise ces consignes : température réduite la nuit, pendant les absences de la journée et dans les pièces inoccupées, remontée avant le réveil et le retour du travail.

Entretenir et piloter son chauffage au quotidien

  • Éteindre ou réduire le chauffage en cas d’absence (travail, week-end, vacances) et couper le chauffe-eau lors d’une absence prolongée ;
  • Entretenir son système de chauffe : l’entretien annuel de la chaudière et celui de la pompe à chaleur maintiennent leur rendement, tout comme la purge des radiateurs ;
  • Fermer volets et rideaux la nuit et les jours de grand froid, les ouvrir dès qu’il fait soleil ;
  • Aérer 5 à 10 minutes par jour, radiateurs coupés : un air sec se réchauffe plus vite qu’un air humide ;
  • Dégager les radiateurs : pas de meuble, de rideau ni de linge devant ou dessus ;
  • Installer un contacteur heures creuses sur le chauffe-eau pour ne le déclencher que quand l’électricité est la moins chère ;
  • Limiter le sèche-serviette et le chauffage d’appoint aux seuls moments d’utilisation, et préférer pull, plaid et tapis au degré supplémentaire.

Si le confort reste médiocre malgré ces gestes, le problème est structurel : la priorité est alors d’isoler la toiture ou les combles, principal poste de déperdition de chaleur d’un logement.

Eau : réduire sa consommation sans perdre en confort

L’eau chaude coûte deux fois : l’eau elle-même, et l’énergie pour la chauffer. Les conseils de l’ADEME pour économiser l’eau sont simples à appliquer :

  • Préférer la douche courte au bain : une douche rapide consomme 40 à 60 litres, contre au moins 150 litres pour un bain ;
  • Installer des mousseurs sur les robinets : ils réduisent le débit de 30 à 50 % sans perte de pression, une pomme de douche économe fait de même ;
  • Couper l’eau pendant le brossage de dents, le savonnage et la vaisselle à la main ;
  • Traquer les fuites : un robinet qui goutte ou une chasse d’eau qui fuit se repèrent en relevant le compteur avant et après une nuit sans consommation ;
  • Récupérer l’eau de rinçage des légumes ou de l’eau de pluie pour arroser les plantes.

Électricité : cuisine, électroménager et éclairage

Hors chauffage, l’électricité d’un foyer part dans le froid, le lavage, la cuisson, l’éclairage… et les veilles. Là encore, quelques réflexes suffisent, éventuellement complétés par des équipements économes en énergie bien choisis grâce à l’étiquette énergie.

Dans la cuisine

  • Couvrir les casseroles : 25 % d’énergie de cuisson en moins, et l’eau bout beaucoup plus vite ;
  • Profiter de l’inertie : éteindre les plaques quelques minutes avant la fin de cuisson, elles restent chaudes longtemps ;
  • Limiter le préchauffage du four au strict nécessaire et éviter d’ouvrir la porte en cours de cuisson ;
  • Faire bouillir l’eau à la bouilloire plutôt qu’à la casserole, en ne chauffant que le volume utile ;
  • Cuisiner en une fois pour plusieurs repas (batch cooking) : un seul four chaud, plusieurs plats.

Réfrigérateur et congélateur

  • Régler les bonnes températures : +4 à +5 °C pour le réfrigérateur, -18 °C pour le congélateur — plus froid ne conserve pas mieux et consomme plus ;
  • Dégivrer dès 2 à 3 mm de givre : une couche de 3 mm entraîne jusqu’à 30 % de surconsommation ;
  • Éloigner l’appareil du mur et des sources de chaleur (four, radiateur) et dépoussiérer la grille arrière ;
  • Laisser refroidir les plats avant de les ranger au frais, et décongeler au réfrigérateur : le froid restitué est autant d’électricité économisée ;
  • Vérifier l’étanchéité des joints de porte et limiter les ouvertures prolongées.

Lave-linge, lave-vaisselle et sèche-linge

  • Laver à 30 °C : deux fois moins d’énergie qu’un cycle à 60 °C, soit environ 30 € par an, l’essentiel de l’électricité servant à chauffer l’eau ;
  • Choisir le programme éco : plus long mais moins chaud, il consomme jusqu’à 45 % d’électricité en moins qu’un programme intensif sur un lave-vaisselle ;
  • Attendre que l’appareil soit plein avant de lancer un cycle ;
  • Sécher le linge à l’air libre autant que possible : le sèche-linge est l’un des appareils les plus énergivores du foyer ;
  • Programmer les cycles en heures creuses si votre contrat en propose.

Éclairage, veilles et suivi de consommation

  • Passer aux LED : un foyer équipé de 10 LED consomme environ 80 kWh/an pour s’éclairer, contre 550 kWh avec des halogènes — près de 90 € d’écart par an, pour des ampoules qui durent plus de 10 fois plus longtemps ;
  • Éteindre la lumière en quittant une pièce et privilégier la lumière naturelle ;
  • Couper les veilles : elles pèsent jusqu’à 15 % de la facture d’électricité hors chauffage, soit environ 80 € par an — une multiprise à interrupteur suffit ;
  • Débrancher les chargeurs une fois la charge terminée ;
  • Suivre sa consommation grâce aux données des compteurs Linky et Gazpar, accessibles gratuitement depuis son espace client, pour repérer les appareils énergivores.

Bon à savoir : des solutions comme LibertéWatts permettent d’aller plus loin en aidant à suivre sa consommation d’électricité et à identifier les moments clés pour la réduire. L’application propose notamment des défis pour encourager à passer à l’action et transformer ses économies d’énergie en gains concrets.

Numérique : des écogestes à la maison comme au bureau

Le numérique représente désormais 4,4 % de l’empreinte carbone de la France et 11 % de sa consommation d’électricité, selon l’étude ADEME actualisée en 2025. La moitié de cet impact vient de la fabrication et de l’utilisation des terminaux : le premier écogeste numérique est donc de garder ses appareils plus longtemps.

  • Faire durer et réparer smartphone, ordinateur et téléviseur, ou acheter reconditionné ;
  • Éteindre la box internet la nuit, en week-end prolongé et en vacances : elle consomme environ 97 kWh par an lorsqu’elle reste allumée en continu ;
  • Éteindre l’ordinateur et l’écran en fin de journée au bureau, les mettre en veille dès qu’on s’absente, et couper les caméras quand la visio ne l’exige pas ;
  • Privilégier le wifi à la 4G/5G, réduire la résolution du streaming et désactiver la lecture automatique des vidéos ;
  • Alléger sa boîte mail et son cloud : se désinscrire des newsletters, supprimer les pièces jointes inutiles, préférer un lien à un envoi massif ;
  • Imprimer le moins possible, en recto-verso et en noir et blanc, et réutiliser le papier comme brouillon ;
  • Utiliser un moteur de recherche écoresponsable et accéder directement aux sites que l’on connaît.

Déplacements : les écogestes qui pèsent le plus sur le CO2

Le transport est le premier poste d’émissions de gaz à effet de serre en France, et la voiture domine l’empreinte carbone de nombreux ménages. Or, selon l’ADEME, 41 % des trajets du quotidien font moins de 5 km :

  • Marcher ou pédaler pour les trajets courts : c’est bon pour le climat, le budget et la santé ;
  • Covoiturer ou prendre les transports en commun pour les trajets domicile-travail, et télétravailler quand c’est possible ;
  • Adopter l’écoconduite : conduite souple, vitesse stabilisée, pneus bien gonflés et coffre de toit démonté — jusqu’à 15 % de carburant en moins, soit environ un plein économisé tous les six mois selon l’ADEME ;
  • Préférer le train à l’avion dès que l’alternative existe, y compris pour les déplacements professionnels — ou remplacer le déplacement par une visioconférence.

Consommation et déchets : trier, composter, réutiliser

Les écogestes ne s’arrêtent pas au compteur électrique. Chaque déchet évité ou recyclé économise l’énergie et les matières premières de sa fabrication — c’est le principe de l’économie circulaire :

  • Trier systématiquement ses emballages : notre guide du recyclage détaille les consignes. Le recyclage de l’aluminium, par exemple, économise 95 % de l’énergie nécessaire à sa production initiale ;
  • Composter ses biodéchets : depuis le 1er janvier 2024, la loi AGEC impose le tri à la source des biodéchets — bac dédié, point de collecte ou composteur ;
  • Remplacer le jetable par le réutilisable : gourde, tasse, couverts et boîte repas au bureau plutôt que gobelets, touillettes et emballages à usage unique ;
  • Limiter le gaspillage alimentaire : cuisiner les restes, congeler, acheter en vrac et en juste quantité ;
  • Réparer, donner, acheter d’occasion avant d’acheter neuf.

Aller plus loin : les écogestes d’investissement

Plante qui pousse dans un pot en forme de planète verte

Au-delà des habitudes quotidiennes, certains « écogestes » relèvent de l’investissement : ils demandent un budget initial, mais réduisent durablement les factures, valorisent le logement et accompagnent la transition énergétique du pays :

Pourquoi adopter les écogestes ?

La première motivation est financière : chaque kilowattheure non consommé est autant d’euros économisés, quel que soit le prix de l’énergie. La seconde est collective : plus les foyers adoptent ces gestes, plus la pointe de consommation nationale baisse — c’est tout l’objet des alertes Ecowatt en hiver.

La troisième est climatique. La planète a connu en 2024 son année la plus chaude jamais mesurée, à +1,55 °C au-dessus de l’ère préindustrielle : comprendre le réchauffement climatique et le jour du dépassement suffit à mesurer l’urgence de réduire son empreinte carbone, geste après geste.

Par où commencer ? Voici un plan d’action en quatre étapes :

  1. 1
    Ce soir : brancher une multiprise à interrupteur, couper les veilles et baisser le thermostat à 19 °C.
  2. 2
    Cette semaine : passer les lessives à 30 °C et au programme éco, dégivrer le congélateur, régler le chauffe-eau à 55 °C.
  3. 3
    Ce mois-ci : remplacer les dernières halogènes par des LED, installer des mousseurs, tester le vélo ou le covoiturage sur un trajet régulier.
  4. 4
    Cette année : suivre sa consommation via Linky, puis étudier isolation, chauffage performant ou panneaux solaires avec les aides disponibles.

D’autres conseils à nous partager ? Si vous connaissez d’autres écogestes non listés dans cet article, faites-nous en part !

Questions fréquentes sur les écogestes

Les plus rentables portent sur le chauffage, premier poste de consommation d’un logement (66 %) : baisser la température de 1 °C fait économiser environ 7 % de la consommation de chauffage. Viennent ensuite l’extinction des veilles (jusqu’à 15 % de la facture d’électricité hors chauffage, soit environ 80 € par an), le passage aux ampoules LED, le lavage à 30 °C et les programmes éco du lave-vaisselle et du lave-linge, selon les mesures de l’ADEME.

L’ADEME recommande 19 °C dans les pièces de vie, 17 °C dans les chambres la nuit et 22 °C dans la salle de bain uniquement pendant la toilette. Pour le chauffe-eau, la consigne conseillée est de 55 °C, sans jamais descendre sous 50 °C afin d’éviter tout risque sanitaire. Un thermostat programmable permet d’appliquer ces consignes automatiquement selon les heures et l’occupation du logement.

La sobriété énergétique est une démarche globale et organisée de réduction des consommations, portée par les pouvoirs publics, les entreprises et les ménages. L’écogeste en est la traduction concrète à l’échelle individuelle : un geste simple, répété au quotidien, comme couvrir ses casseroles, éteindre la box la nuit ou privilégier le vélo pour les trajets courts. La sobriété fixe le cap, les écogestes en sont les outils.

Au travail, les gestes les plus utiles sont d’éteindre l’ordinateur, l’écran et les lumières en fin de journée, de mettre l’ordinateur en veille dès qu’on s’absente, de couper les caméras pendant les visioconférences quand elles ne sont pas nécessaires, d’imprimer en recto-verso et en noir et blanc, d’utiliser une tasse et une gourde réutilisables plutôt que des gobelets jetables, et de privilégier le vélo, les transports en commun ou le covoiturage pour s’y rendre.

Oui, mais pas là où on le croit : le numérique pèse 4,4 % de l’empreinte carbone de la France selon l’ADEME, et environ la moitié de cet impact vient des terminaux eux-mêmes. Le geste le plus efficace est donc de garder ses appareils plus longtemps, de les réparer ou d’acheter reconditionné. Éteindre sa box (97 kWh par an en fonctionnement continu), réduire la résolution du streaming et nettoyer son cloud complètent utilement ce premier réflexe.