8,2 t
de CO2e par Français
en 2024, selon le SDES
38,1 Gt
de CO2 fossile en 2025
record mondial historique
50 %
d’émissions importées
dans l’empreinte de la France
2 t
objectif par personne et par an
à l’horizon 2050

Qu’est-ce que l’empreinte carbone ?

L’empreinte carbone est la quantité totale de gaz à effet de serre (GES) émise, directement ou indirectement, par une personne, une entreprise, un produit ou un pays. Elle s’exprime en tonnes de CO2 équivalent (tCO2e). En 2024, l’empreinte carbone moyenne d’un Français atteint 8,2 tCO2e par an, alors que l’objectif est d’environ 2 tCO2e par personne d’ici 2050.

Mesurer son empreinte carbone permet d’identifier les postes qui concentrent ses émissions — transports, logement, alimentation — et de prioriser les actions les plus efficaces. C’est la première étape pour agir contre le réchauffement climatique.

L’empreinte carbone individuelle

Empreinte carbone personnelle

L’empreinte carbone personnelle mesure l’impact des activités d’un individu sur le climat. La calculer permet de repérer ses principaux postes d’émissions, puis de réduire ou optimiser sa consommation d’énergie et d’ajuster son mode de vie. Le calcul prend en compte :

  • Les transports : déplacements quotidiens (voiture, bus, métro, vélo) et trajets exceptionnels, en avion ou en train ;
  • Le logement et l’énergie : type de logement, surface, nombre d’occupants, mode de chauffage, isolation, appareils électroménagers ;
  • La consommation et le style de vie : régime alimentaire, équipements électroniques, vêtements, gestion et recyclage des déchets.

Le Bilan Carbone d’entreprise

Pour une entreprise, on parle plutôt de Bilan Carbone, une méthode développée par l’ADEME (Agence de la transition écologique) et diffusée par l’Association Bilan Carbone (ABC). Elle comptabilise l’ensemble des émissions directes et indirectes d’une organisation, classées en trois périmètres appelés scopes 1, 2 et 3. Réaliser son bilan permet à l’entreprise de :

  • identifier ses principales sources émettrices de GES ;
  • mettre en place un plan d’action de réduction de son empreinte carbone.

L’empreinte carbone d’un produit ou d’un service

L’empreinte carbone d’un produit ou d’un service regroupe toutes les émissions générées tout au long de son cycle de vie : extraction des matières premières, fabrication, transport, distribution, utilisation et fin de vie. Elle se calcule selon la méthode de l’analyse du cycle de vie (ACV). Dans une économie mondialisée, l’empreinte d’un objet se limite d’ailleurs rarement à un seul pays : c’est tout l’enjeu des émissions importées.

Empreinte carbone ou empreinte écologique ?

Ces deux indicateurs sont souvent confondus. L’empreinte carbone ne mesure que les gaz à effet de serre, en tonnes de CO2 équivalent. L’empreinte écologique est plus large : exprimée en hectares globaux, elle évalue toute la surface biologiquement productive nécessaire pour soutenir un mode de vie (alimentation, logement, mobilité, déchets). L’empreinte carbone en est une composante, et c’est celle qui croît le plus vite.

Quelle est l’empreinte carbone moyenne d’un Français ?

En 2024, l’empreinte carbone de la France est estimée à 563 Mt de CO2e, soit 8,2 tonnes de CO2e par habitant, d’après le SDES, le service statistique du ministère de la Transition écologique. Elle recule de 3,4 % par rapport à 2023 et atteint son plus bas niveau depuis 1990 (−32 % par habitant), selon l’Insee.

Composition de l’empreinte carbone de la France en 2024
Composante Émissions Part
Émissions associées aux importations 284 Mt CO2e 50 %
Production intérieure destinée à la demande française 180 Mt CO2e 32 %
Émissions directes des ménages (carburants, chauffage) 99 Mt CO2e 18 %
Total 563 Mt CO2e 100 %

Empreinte carbone ou inventaire national ?

Il ne faut pas confondre l’empreinte carbone d’un pays avec son inventaire national, établi en France par le Citepa :

  • l’inventaire national comptabilise les GES émis sur le territoire, exportations comprises (369 Mt CO2e en 2024) ;
  • l’empreinte carbone comptabilise les GES associés à la consommation du pays, importations comprises et exportations déduites (563 Mt CO2e en 2024).

Des pays comme la France ou les États-Unis, dont les émissions territoriales sont inférieures à leur empreinte, sont dits importateurs de CO2. À l’inverse, la Chine ou l’Inde, qui produisent pour le reste du monde, sont des exportateurs de CO2. Notre classement des pays les plus pollueurs détaille ces écarts.

Et par rapport au reste du monde ?

En 2024, chaque habitant de la planète a émis en moyenne 4,7 tonnes de CO2 d’origine fossile, selon les données du Global Carbon Budget compilées par Our World in Data. Pour rester sous la barre de 1,5 °C à 2 °C de réchauffement fixée par l’Accord de Paris, les trajectoires du GIEC comme la Stratégie nationale bas-carbone impliquent de ramener l’empreinte moyenne à environ 2 tonnes de CO2e par personne et par an d’ici 2050 — soit quatre fois moins que l’empreinte actuelle d’un Français.

Comment calculer son empreinte carbone ?

Calcul de l’empreinte carbone

Le principe du calcul est toujours le même : on multiplie une donnée d’activité (kilomètres parcourus, kWh consommés, litres de carburant) par un facteur d’émission propre à chaque énergie ou activité. Des calculateurs gratuits, fondés pour la plupart sur la méthodologie Bilan Carbone® ou sur la Base Empreinte de l’ADEME, font le travail à votre place :

  • Nos Gestes Climat, le simulateur officiel de l’ADEME, qui estime votre empreinte annuelle en une dizaine de minutes et propose des actions personnalisées ;
  • le calculateur d’empreinte écologique du WWF, qui évalue votre impact environnemental à partir de vos habitudes de consommation ;
  • le calculateur carbone de la fondation GoodPlanet, qui mesure l’impact de vos activités sur le climat ;
  • le calculateur Carbon Footprint, qui estime l’empreinte d’un poste précis (logement, transports) ou votre empreinte totale.

Comment réduire son empreinte carbone ?

Réduire son empreinte carbone passe par des écogestes simples du quotidien sur les quatre grands postes d’émissions : les transports, le logement, l’alimentation et le numérique. Beaucoup de ces gestes font au passage baisser la facture.

Choisir des transports moins émetteurs

Empreinte carbone d’une voiture

Les transports sont le premier secteur émetteur en France, avec environ un tiers des émissions territoriales, d’après le ministère de la Transition écologique. L’empreinte carbone d’une voiture thermique atteint en moyenne 218 g de CO2e par kilomètre, contre 259 g par passager pour un vol court-courrier et environ 3 g pour le TGV, selon le comparateur Impact CO2 de l’ADEME. Quelques leviers concrets :

  • privilégier la marche, le vélo ou le vélo électrique et les transports en commun pour les trajets courts ;
  • pratiquer le covoiturage : plus la voiture est remplie, plus les émissions par passager diminuent ;
  • prendre le train plutôt que l’avion dès que la liaison à grande vitesse existe ;
  • comparer avant d’acheter : sur l’ensemble de son cycle de vie, la voiture électrique émet moins qu’une thermique, même en comptant la fabrication de la batterie.

Faire des économies d’énergie dans le logement

Un logement économe en énergie est un autre levier majeur pour réduire l’empreinte carbone de sa consommation d’énergie :

  • opter pour un fournisseur d’énergie verte, pour soutenir la production renouvelable ;
  • améliorer l’isolation thermique grâce à la rénovation énergétique, la toiture étant l’un des premiers postes de déperdition de chaleur ;
  • choisir des appareils économes en se fiant à l’étiquette énergie, et adopter les bons réflexes de sobriété au quotidien (température de chauffage, veilles, éclairage LED).

Limiter son impact carbone alimentaire

L’alimentation est l’un des premiers postes de l’empreinte carbone des ménages. Faire évoluer ses pratiques vers une alimentation plus durable a donc un impact réel :

  • réduire sa consommation de viande : l’élevage représente environ 12 % des émissions mondiales de GES, selon la FAO ;
  • privilégier les produits locaux et de saison, pour limiter les émissions liées au transport et aux serres chauffées ;
  • acheter en vrac et limiter le gaspillage alimentaire pour éviter le suremballage et la surtransformation.

Réduire son empreinte carbone numérique

Le numérique représente environ 2,5 % de l’empreinte carbone de la France, d’après l’étude Arcep-ADEME — et l’essentiel de cet impact vient de la fabrication des terminaux, bien avant les usages. Pour limiter sa pollution numérique :

  • garder ses équipements plus longtemps, les entretenir, les réparer ou les acheter reconditionnés ;
  • limiter le streaming vidéo en très haute définition sur réseau mobile et le stockage inutile dans le cloud ;
  • éteindre les appareils inutilisés plutôt que de les laisser en veille.

Comment compenser son empreinte carbone ?

Compensation carbone

Même après avoir réduit son empreinte au maximum, certaines émissions persistent : on parle d’émissions incompressibles. La compensation carbone consiste à financer des projets environnementaux à hauteur de ces émissions résiduelles. Il peut s’agir :

  • de projets de réduction, qui évitent de nouvelles émissions : parcs éoliens ou solaires, par exemple ;
  • de projets de séquestration, qui absorbent le CO2 déjà présent dans l’atmosphère : reforestation, notamment.

Les particuliers peuvent compenser volontairement leurs émissions en achetant des crédits carbone, tandis que certaines entreprises y sont contraintes par les marchés du carbone réglementés, comme le système européen de quotas. Cette démarche n’a de sens qu’en complément d’actions de réduction — et elle contribue à financer la transition énergétique.

Explorer le dossier empreinte carbone

Ce dossier rassemble tous nos guides pour comprendre, mesurer, réduire et compenser votre empreinte carbone.

Questions fréquentes sur l’empreinte carbone

C’est la quantité totale de gaz à effet de serre que vos activités rejettent dans l’atmosphère, directement (carburant, chauffage) ou indirectement (fabrication des biens que vous consommez). Elle se mesure en tonnes de CO2 équivalent (tCO2e) et peut se calculer pour une personne, une entreprise, un produit ou un pays.

En 2024, l’empreinte carbone moyenne d’un Français est estimée à 8,2 tonnes de CO2 équivalent par an, selon le SDES et l’Insee. C’est le plus bas niveau depuis 1990, mais encore environ quatre fois trop par rapport à l’objectif d’environ 2 tonnes par personne et par an visé pour 2050.

Le plus simple est d’utiliser un simulateur en ligne gratuit comme Nos Gestes Climat, le calculateur officiel de l’ADEME : en une dizaine de minutes, il estime vos émissions annuelles à partir de vos transports, de votre logement, de votre alimentation et de votre consommation, puis propose des actions personnalisées.

L’empreinte carbone est la notion générale, applicable à une personne, un produit ou un pays. Le Bilan Carbone est la méthode de comptabilisation développée par l’ADEME pour les organisations : elle recense les émissions directes et indirectes d’une entreprise, classées en scopes 1, 2 et 3, afin de bâtir un plan de réduction.

Aucun geste isolé ne suffit : il faut agir sur tous les grands postes. Réduire fortement l’avion et la voiture individuelle au profit du train et du vélo, isoler son logement et passer à une énergie verte, limiter la viande au profit d’une alimentation locale et de saison, allonger la durée de vie de ses équipements, puis compenser les émissions résiduelles.