Comment est calculé le DPE ?
Le DPE est calculé avec la méthode 3CL-DPE, à partir des caractéristiques physiques du logement : isolation, fenêtres, chauffage, eau chaude, ventilation. Le résultat, exprimé en énergie primaire et en émissions de CO2, est comparé à un double seuil : la plus mauvaise des deux performances donne la classe, de A à G. Seul un diagnostiqueur certifié peut établir ce calcul.
Mis en place en 2006, le diagnostic de performance énergétique (DPE) a été profondément réformé au 1er juillet 2021 : méthode de calcul unifiée, nouvelle étiquette énergie-climat et résultats opposables au vendeur ou au bailleur. Une seconde évolution majeure est entrée en vigueur au 1er janvier 2026 avec le nouveau coefficient de l’électricité (voir plus bas).
La méthode 3CL-DPE : un calcul conventionnel sur 5 usages
3CL signifie « Calcul de la Consommation Conventionnelle des Logements ». Cette méthode, définie par l’arrêté du 31 mars 2021, modélise le comportement énergétique du logement à partir de ses seules caractéristiques physiques (annexe 1 de l’arrêté, rt-re-batiment.developpement-durable.gouv.fr).
Les 5 postes de consommation pris en compte
Le calcul du DPE additionne la consommation conventionnelle de cinq usages énergétiques :
- le chauffage, de loin le premier poste (souvent 60 % et plus du total) ;
- la production d’eau chaude sanitaire (chauffe-eau électrique, gaz, thermodynamique ou solaire) ;
- le refroidissement, si le logement est climatisé (climatiseur, pompe à chaleur réversible) ;
- l’éclairage ;
- les auxiliaires : ventilateurs de la VMC, circulateurs de chauffage et d’eau chaude.
Les autres consommations du foyer — électroménager, cuisson, appareils multimédia — sont exclues du calcul du DPE.
Un calcul conventionnel, indépendant des occupants
Le calcul repose sur des conditions d’usage standardisées, identiques pour tous les logements : chauffage à 19 °C, 56 litres d’eau chaude par jour et par personne, scénarios d’occupation et d’éclairage conventionnels modulés selon la zone climatique et l’altitude. Deux logements identiques obtiennent donc la même note, quelle que soit la sobriété — ou la prodigalité — de leurs occupants.
C’est aussi pourquoi la consommation affichée sur le DPE peut différer de vos factures réelles : elle mesure la performance du bâti et des équipements, pas votre comportement.
La fin du DPE « sur factures »
Avant juillet 2021, deux méthodes coexistaient : le calcul conventionnel et la méthode « sur factures », qui se contentait de moyenner les consommations des trois dernières années. Peu fiable et parfois impossible (factures manquantes, DPE vierge), cette seconde méthode a été supprimée : depuis le 1er juillet 2021, la méthode 3CL-DPE s’applique à tous les logements, y compris ceux construits avant 1948 (service-public.fr).
Conséquence directe : tous les DPE réalisés avant le 1er juillet 2021 sont aujourd’hui expirés — la durée de validité d’un DPE nouvelle méthode est de 10 ans.
Quelles données servent au calcul du DPE ?
Lors de sa visite, le diagnostiqueur relève environ une centaine de données d’entrée, qu’il saisit dans un logiciel de calcul validé par l’administration. Les principales :
| Catégorie | Données relevées par le diagnostiqueur |
|---|---|
| Caractéristiques générales | Surface de référence (surface habitable + vérandas chauffées), année de construction, zone climatique, altitude, orientation des façades et des baies vitrées, mitoyenneté |
| Enveloppe et isolation | Composition et isolation des murs, de la toiture et des combles, des planchers bas, ponts thermiques |
| Menuiseries | Fenêtres et portes : matériau (PVC, bois, métal), simple ou double vitrage, volets et protections solaires |
| Ventilation | Type de ventilation (naturelle, VMC simple flux, VMC double flux, hybride), étanchéité à l’air du logement |
| Systèmes énergétiques | Chauffage (chaudière gaz, bois ou électrique, pompe à chaleur, radiateurs électriques, plancher chauffant), production d’eau chaude, climatisation, régulation, rendement et âge des équipements |
Le double seuil énergie-climat : comment la note est attribuée
La consommation des 5 usages est convertie en énergie primaire (kWh/m²/an) et les émissions de gaz à effet de serre associées sont calculées en kg CO2eq/m²/an. Chacun des deux indicateurs est comparé à sa grille de seuils : la classe retenue est celle de la plus mauvaise des deux performances. Un logement sobre en énergie mais chauffé au fioul peut ainsi être classé E sur son seul critère carbone.
Depuis le 1er juillet 2024, les logements d’une surface de référence inférieure ou égale à 40 m² bénéficient de seuils adaptés, moins pénalisants pour les petites surfaces (arrêté du 25 mars 2024). Retrouvez le tableau complet des seuils des 7 classes, la répartition du parc français et les conséquences de chaque note dans notre guide de la classe énergétique.
Le rapport comprend aussi un indicateur de confort d’été (bon, moyen ou insuffisant) et des scénarios de travaux chiffrés pour améliorer la note : travaux de rénovation énergétique à mener en une ou plusieurs étapes, avec le gain de classe attendu.
Ce qui change dans le calcul du DPE au 1er janvier 2026
L’arrêté du 13 août 2025 abaisse le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire de 2,3 à 1,9 pour tous les DPE et audits énergétiques édités à partir du 1er janvier 2026, afin de s’aligner sur la valeur de référence européenne et de mieux refléter le mix électrique français, largement décarboné (ecologie.gouv.fr).
Concrètement, pour un logement chauffé à l’électricité, chaque kWh consommé ne compte plus que pour 1,9 kWh d’énergie primaire au lieu de 2,3 — soit environ 17 % de consommation conventionnelle en moins, sans le moindre travaux. Les seuils des classes et le calcul des émissions de gaz à effet de serre restent, eux, inchangés.
- environ 850 000 logements chauffés à l’électricité sortent des classes F et G, donc du statut de passoire thermique ;
- aucun logement ne voit son étiquette baisser, quelle que soit son énergie de chauffage ;
- les DPE édités avant 2026 restent valables jusqu’à leur échéance normale de 10 ans.
Qui peut réaliser le calcul du DPE ?
Le calcul du DPE doit obligatoirement être réalisé par un diagnostiqueur immobilier certifié par un organisme accrédité par le COFRAC (Comité français d’accréditation), disposant d’une assurance de responsabilité civile professionnelle (economie.gouv.fr). Pour vérifier la certification d’un professionnel ou en trouver un près de chez vous, consultez l’annuaire officiel des diagnostiqueurs certifiés.
Une fois le diagnostic établi, le diagnostiqueur transmet les résultats à l’Ademe, qui attribue au document son numéro d’enregistrement à 13 chiffres : sans ce numéro, le DPE n’est pas valide. Le document est ensuite consultable à tout moment sur l’observatoire DPE-Audit.
Depuis juillet 2021, le DPE est pleinement opposable : l’acheteur ou le locataire peut se prévaloir de ses résultats contre le vendeur ou le bailleur, et engager la responsabilité du diagnostiqueur en cas d’erreur. Un enjeu loin d’être théorique — la note conditionne notamment le droit de louer le logement et l’obligation d’audit énergétique à la vente.
Combien coûte le calcul d’un DPE et combien de temps dure-t-il ?
Le prix du DPE n’est pas réglementé : chaque diagnostiqueur fixe librement ses tarifs. L’Ademe évalue le coût moyen entre 100 et 250 €, selon la surface du logement, le système de chauffage et la localisation. Le coût est toujours à la charge du propriétaire.
| Type de logement | Prix moyen constaté | Durée de la visite |
|---|---|---|
| Studio / T2 | 100 à 150 € | 45 minutes à 1 heure |
| Appartement T3 / T4 | 150 à 200 € | Environ 1 heure |
| Maison individuelle | 200 à 250 € | 1 heure 30 à 2 heures |
Comptez ensuite quelques jours pour recevoir le rapport définitif, une fois le calcul réalisé par le logiciel et le document enregistré auprès de l’Ademe. Avant de signer un devis, comparez plusieurs diagnostiqueurs et vérifiez systématiquement leur certification dans l’annuaire officiel.
Peut-on calculer son DPE soi-même ?
Non, pas officiellement : seul le diagnostic établi par un professionnel certifié a une valeur légale. Il est en revanche possible de se faire une idée de sa future étiquette grâce aux simulateurs de DPE en ligne, gratuits, qui appliquent une version simplifiée de la méthode 3CL à partir de quelques informations : surface, année de construction, type de chauffage, isolation, nombre de fenêtres, etc.
Ces résultats restent purement indicatifs : un DPE issu d’un simulateur ne peut être ni annexé à une annonce immobilière, ni remis à un acheteur ou un locataire. Il est utile pour anticiper une note avant une vente, ou estimer le gain de classe de futurs travaux.
Deux réflexes gratuits avant de payer un diagnostic :
- vérifier si un DPE valide existe déjà pour le logement sur l’observatoire DPE-Audit de l’Ademe, à partir de l’adresse ou du numéro à 13 chiffres ;
- si le logement est chauffé à l’électricité et que le DPE date d’avant 2026, télécharger l’attestation gratuite au nouveau coefficient 1,9 — la note peut s’améliorer sans aucune visite.