Que signifie la classe énergie E ?
La classe E est la cinquième note sur les sept de l’échelle du DPE, de A à G. Elle désigne un logement consommant entre 250 et 330 kWh d’énergie primaire par m² et par an, ou émettant entre 50 et 70 kg CO2eq/m²/an. Un logement E n’est pas une passoire thermique, mais sa mise en location sera interdite au 1er janvier 2034.
Depuis la réforme de juillet 2021, l’étiquette énergie-climat repose sur un double seuil : la consommation d’énergie primaire d’un côté, les émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’autre. La plus mauvaise des deux performances détermine la classe énergétique du logement : un bien qui consomme comme un D mais émet comme un E est classé E.
Pour situer la classe E sur l’échelle, voici les seuils des classes voisines fixés par l’arrêté du 31 mars 2021 :
| Classe DPE | Énergie primaire (kWh/m²/an) | GES (kg CO2eq/m²/an) | Statut en 2026 |
|---|---|---|---|
| Classe D | De 180 à 250 | De 30 à 50 | Aucune restriction ; classe minimale exigée à la location en 2034 |
| Classe E | De 250 à 330 | De 50 à 70 | Location autorisée jusqu’au 1er janvier 2034 ; audit énergétique obligatoire à la vente depuis 2025 |
| Classe F | De 330 à 420 | De 70 à 100 | Passoire thermique : loyers gelés, location interdite en 2028 |
Que représente un logement classé E en France ?
Au 1er janvier 2025, la classe E concerne 17,8 % des résidences principales, soit environ 5,5 millions de logements sur les 30,9 millions que compte la France — la troisième classe la plus répandue derrière la D (33,7 %) et la C (27,2 %), selon l’ONRE.
Le profil type d’un logement classé E :
- un bâti ancien, construit pour l’essentiel entre 1948 et 1990, avant les premières réglementations thermiques exigeantes ;
- une isolation d’origine ou partielle : combles, murs et fenêtres laissent échapper la chaleur ;
- un chauffage énergivore ou carboné : chaudière au fioul ou au gaz vieillissante, convecteurs électriques anciens ;
- une surreprésentation des petites surfaces — même si, depuis le 1er juillet 2024, les logements de moins de 40 m² bénéficient de seuils adaptés, moins pénalisants.
Concrètement, habiter un logement classé E signifie des factures de chauffage élevées : à surface égale, un logement E consomme jusqu’à 80 % d’énergie de plus qu’un logement D bien situé dans sa classe, et le chauffage représente déjà près de 60 % du budget énergétique d’un ménage moyen. Le confort d’hiver comme d’été s’en ressent : parois froides, sensation de courants d’air, surchauffe estivale sous les toits mal isolés.
Peut-on louer un logement classé E ? Oui, jusqu’au 1er janvier 2034
En 2026, un logement classé E peut être loué sans aucune restriction : il respecte le critère de décence énergétique, son loyer n’est pas gelé et il peut faire l’objet d’un nouveau bail comme d’un renouvellement. La loi Climat et Résilience organise toutefois une sortie progressive des logements énergivores du marché locatif :
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1
Depuis le 1er janvier 2025 : la classe G est interdite de location en métropole — les logements E ne sont pas concernés ;
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1er janvier 2028 : la classe F sera interdite — la classe E deviendra la classe minimale exigée pour louer ;
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3
1er janvier 2034 : la classe E sera à son tour interdite de location — seuls les logements classés A à D pourront faire l’objet d’un nouveau bail, d’un renouvellement ou d’une reconduction tacite.
Contrairement aux classes F et G, un logement E échappe au gel des loyers en vigueur depuis août 2022 et n’a pas à afficher la mention « logement à consommation énergétique excessive » sur son annonce. L’annonce doit en revanche mentionner la classe énergie, la classe climat et une estimation des dépenses annuelles d’énergie — leur absence expose le bailleur à une amende pouvant atteindre 3 000 € (15 000 € pour une agence).
Locataire d’un logement E ? Vous pouvez vérifier la validité du DPE sur l’observatoire DPE-Audit de l’Ademe : tous les DPE réalisés avant le 1er juillet 2021 sont expirés. Le calendrier complet, les sanctions du bailleur et les recours du locataire sont détaillés dans notre guide DPE et location.
Vendre ou acheter un logement DPE E : ce qu’il faut savoir
Contrairement à la location, aucune interdiction ne pèse ni ne pèsera sur la vente d’un logement classé E. La classe énergie influence en revanche fortement le prix et les conditions de la transaction, côté vendeur comme côté acheteur.
Vendre un logement E : audit énergétique obligatoire et décote
Depuis le 1er janvier 2025, la vente d’un logement classé E impose de remettre à l’acheteur un audit énergétique réglementaire, en plus du DPE, pour les maisons individuelles et les immeubles en monopropriété. Cet audit, plus poussé que le DPE, propose des scénarios de travaux chiffrés pour améliorer la performance du bien. Cette obligation concernait déjà les classes F et G depuis avril 2023, et s’étendra à la classe D en 2034.
L’étiquette E pèse aussi sur le prix : c’est la « valeur verte ». Selon les Notaires de France, une maison classée E se vend en moyenne 9 % moins cher qu’une maison équivalente classée D (environ 4 % de décote pour un appartement) — un écart qui se creuse d’année en année à mesure que la réglementation se durcit (immobilier.notaires.fr).
Pour préserver son capital, le vendeur a donc deux options : réaliser des travaux avant la mise en vente pour atteindre la classe D, ou consentir une marge de négociation à l’acheteur.
Faut-il acheter une maison ou un appartement classé E ?
Acheter un logement classé E peut être une bonne opération si le prix intègre le coût des travaux. Avant de vous engager, quatre vérifications s’imposent :
- vérifier la date du DPE : seul un diagnostic réalisé après juillet 2021 est valable, et un DPE édité avant 2026 peut sous-estimer un logement chauffé à l’électricité (voir le nouveau coefficient ci-dessous) ;
- lire l’audit énergétique remis par le vendeur : il chiffre les scénarios de travaux et les gains de classe attendus ;
- chiffrer les travaux avec un artisan RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) et vérifier votre éligibilité aux aides à la rénovation énergétique ;
- négocier le prix à la baisse en vous appuyant sur la décote « valeur verte » et sur le montant des travaux — l’étiquette E est un argument de poids reconnu par les notaires.
Si vous comptez louer le bien, anticipez l’échéance de 2034 : un logement E acheté aujourd’hui devra atteindre la classe D pour rester sur le marché locatif — intégrez le budget travaux dans votre plan de financement dès l’achat.
Le DPE 2026 peut-il faire passer mon logement de E à D ?
Oui, si votre logement est chauffé à l’électricité. L’arrêté du 13 août 2025 abaisse le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire de 2,3 à 1,9 pour tous les DPE édités à partir du 1er janvier 2026. La consommation conventionnelle d’un logement chauffé à l’électricité baisse donc mécaniquement d’environ 17 % : de nombreux logements classés E basculent en D sans travaux, et aucun logement ne voit son étiquette baisser.
Inutile de refaire un diagnostic : les DPE existants peuvent être mis à jour gratuitement, sans nouvelle visite, via une attestation téléchargeable sur l’observatoire DPE-Audit de l’Ademe (ecologie.gouv.fr). Environ 850 000 logements chauffés à l’électricité sortent ainsi du statut de passoire énergétique — et une part importante des E gagnent une classe.
Comment passer d’une classe E à une classe D ou C ?
Hors recalcul lié à l’électricité, les travaux de rénovation énergétique restent la seule solution pour grimper dans le classement. Le point de départ : les scénarios chiffrés du rapport de DPE ou de l’audit énergétique. Découvrez les travaux à privilégier pour améliorer votre DPE et sortir de la classe E. Trois postes concentrent l’essentiel des gains :
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L’isolation thermique — jusqu’à 30 % des déperditions passent par la toiture. L’isolation des combles et l’isolation des murs par l’intérieur font gagner une à deux classes et se mènent en priorité, avant tout changement de chauffage ;
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Le remplacement du chauffage énergivore — troquer une chaudière au fioul ou au gaz vieillissante contre une pompe à chaleur, une chaudière biomasse ou un chauffe-eau thermodynamique améliore les deux seuils du DPE, énergie et carbone — souvent une à deux classes à la clé ;
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La ventilation, puis un nouveau DPE — une VMC simple ou double flux consolide les gains après isolation, et un nouveau diagnostic (100 à 250 €) atteste officiellement la classe atteinte.