Qu’est-ce qu’une classe énergétique ?
La classe énergétique est la note, de A à G, attribuée à un logement par le diagnostic de performance énergétique (DPE). Elle dépend d’un double seuil : la consommation d’énergie primaire (en kWh/m²/an) et les émissions de gaz à effet de serre (en kg CO2eq/m²/an). La plus mauvaise des deux performances détermine la classe du logement.
La réalisation d’un DPE est une obligation légale pour tout propriétaire d’un logement destiné à la location ou à la vente, vide ou meublé, du studio à la villa (service-public.fr). Le diagnostic, valable 10 ans, est opposable depuis juillet 2021 : l’acheteur ou le locataire peut se prévaloir de ses résultats contre le vendeur ou le bailleur.
Depuis la réforme de 2021, l’étiquette énergie et l’étiquette climat sont fusionnées en une seule étiquette énergie-climat. Un logement qui consomme peu mais émet beaucoup de CO2 (chauffage au fioul, par exemple) est donc classé sur son plus mauvais critère : c’est le principe du double seuil.
Le tableau des 7 classes énergétiques du DPE
Les seuils des 7 classes sont fixés par l’arrêté du 31 mars 2021. Pour chaque classe, le logement doit respecter à la fois le seuil d’énergie primaire et le seuil d’émissions de gaz à effet de serre :
| Classe énergétique | Énergie primaire (kWh/m²/an) | Gaz à effet de serre (kg CO2eq/m²/an) | Profil type de logement |
|---|---|---|---|
| Classe A | Jusqu’à 70 | Jusqu’à 6 | Neuf BBC / RE2020, pompe à chaleur, excellente isolation |
| Classe B | De 70 à 110 | De 6 à 11 | Construction récente (RT2012) ou rénovation d’ampleur |
| Classe C | De 110 à 180 | De 11 à 30 | Logement bien isolé, chaudière récente ou chauffage électrique performant |
| Classe D | De 180 à 250 | De 30 à 50 | Construction 1975-2000, la classe la plus répandue en France |
| Classe E | De 250 à 330 | De 50 à 70 | Bâti ancien peu isolé, chauffage fioul, gaz ou électrique vétuste |
| Classe F | De 330 à 420 | De 70 à 100 | Passoire énergétique, location interdite en 2028 |
| Classe G | Plus de 420 | Plus de 100 | Passoire énergétique, location interdite depuis 2025 |
Que veut dire classe A ?
La classe A est la meilleure note du classement DPE : une consommation d’énergie primaire inférieure ou égale à 70 kWh/m²/an et des émissions limitées à 6 kg CO2eq/m²/an. Elle correspond aux bâtiments basse consommation (BBC) et aux constructions neuves conformes aux normes RT2012 puis RE2020.
Un logement classe A combine une excellente isolation thermique et un chauffage aux énergies renouvelables : pompe à chaleur, chauffe-eau solaire ou thermodynamique. Ce profil reste rare : 3,3 % des résidences principales au 1er janvier 2025.
Que veut dire classe B ?
La classe B (de 70 à 110 kWh/m²/an et de 6 à 11 kg CO2eq/m²/an) regroupe des constructions récentes bien équipées et des logements ayant bénéficié d’une rénovation d’ampleur. Elle représente 5,3 % du parc des résidences principales.
Très recherchée sur le marché locatif comme à la vente, la classe B garantit des factures d’énergie réduites et un confort thermique optimal, hiver comme été.
Que veut dire classe C ?
La classe C (de 110 à 180 kWh/m²/an et de 11 à 30 kg CO2eq/m²/an) désigne un logement au niveau de performance correct. On y trouve beaucoup de constructions des années 2005-2012, avec une isolation convenable et un chauffage performant : chaudière à condensation ou chaudière à granulés de bois.
Les logements de classe C représentent 27,2 % des résidences principales — une part appelée à grossir avec le nouveau coefficient de l’électricité, qui fait gagner une classe à de nombreux logements chauffés à l’électricité.
Que veut dire classe D ?
La classe D (de 180 à 250 kWh/m²/an et de 30 à 50 kg CO2eq/m²/an) est la classe énergétique la plus répandue en France : 33,7 % des résidences principales au 1er janvier 2025.
Ce profil correspond en majorité à des logements construits entre 1975 et 2000, chauffés par une chaudière au gaz ou des radiateurs électriques, avec une isolation d’époque, améliorable à coût raisonnable.
Que veut dire classe E ?
La classe E (de 250 à 330 kWh/m²/an et de 50 à 70 kg CO2eq/m²/an) marque l’entrée dans les logements énergivores. Construits pour la plupart entre 1948 et 1990, ces biens échappent aux premières réglementations thermiques et sont souvent chauffés au fioul, dont l’installation neuve est interdite depuis juillet 2022.
La classe E concerne 17,8 % des résidences principales. Sans être une passoire énergétique, elle est déjà dans le viseur du législateur : audit énergétique obligatoire à la vente depuis le 1er janvier 2025 et interdiction de location programmée pour le 1er janvier 2034.
Que veut dire classe F ?
La classe F (de 330 à 420 kWh/m²/an et de 70 à 100 kg CO2eq/m²/an) désigne les passoires thermiques. Construits en moyenne entre 1948 et 1975, ces logements cumulent isolation défaillante et chauffage énergivore, souvent au fioul.
La classe F représente 7,9 % des résidences principales. Ses loyers sont gelés depuis août 2022 et sa mise en location sera interdite au 1er janvier 2028 en métropole.
Que veut dire classe G ?
La classe G est la dernière marche du classement : plus de 420 kWh/m²/an d’énergie primaire ou plus de 100 kg CO2eq/m²/an. Ces logements, construits en grande majorité avant 1948, présentent une isolation très faible voire absente.
La classe G concernait encore 4,8 % des résidences principales au 1er janvier 2025. Depuis cette date, un logement classé G ne peut plus être proposé à la location en France métropolitaine.
Comment la classe énergétique est-elle calculée ?
Depuis juillet 2021, la classe énergétique est déterminée par la méthode de calcul unique 3CL-DPE, appliquée par un diagnostiqueur certifié — les DPE « sur facture » ont disparu. Les règles de calcul du DPE reposent sur les caractéristiques physiques du logement :
- la qualité de l’isolation (toiture, combles, murs, planchers, fenêtres) ;
- le système de ventilation (VMC simple ou double flux, ventilation naturelle) ;
- le système de chauffage (chauffage central, chauffage électrique) et le système de production d’eau chaude sanitaire, ainsi que l’éclairage et l’éventuelle climatisation ;
- le confort d’été, c’est-à-dire la capacité du logement à rester frais en saison estivale.
Chaque critère est évalué à partir de données conventionnelles, identiques pour tous les logements : chauffage à 19 °C, eau chaude à 40 °C, 56 litres d’eau chaude par jour et par personne, etc. Le résultat ne dépend donc pas des habitudes des occupants. Comptez entre 100 et 250 € pour la réalisation du diagnostic (prix du DPE).
La consommation est exprimée en énergie primaire : pour l’électricité, la consommation réelle (énergie finale) est multipliée par un coefficient de conversion qui reflète les pertes de production et de transport. C’est précisément ce coefficient qui change en 2026.
Quelle est la répartition des logements par classe énergétique en France ?
Au 1er janvier 2025, la France compte 30,9 millions de résidences principales. La classe D domine le parc (33,7 %), devant la classe C (27,2 %). Les passoires énergétiques (classes F et G) représentent encore 3,9 millions de logements, soit 12,7 % du parc — un chiffre en baisse d’environ 327 000 unités sur un an.
Ces chiffres sont établis avant l’entrée en vigueur du coefficient 1,9 : mécaniquement, la part des classes F et G diminuera encore dans la prochaine édition de la statistique, avec environ 850 000 logements chauffés à l’électricité reclassés au 1er janvier 2026.
Quelles conséquences selon la classe énergétique ?
Une mauvaise classe énergétique (E, F ou G) pèse de plus en plus lourd sur la mise en location comme sur la vente d’un bien immobilier, sous l’effet de la loi Climat et Résilience du 22 août 2021.

À la location : interdictions progressives et gel des loyers
Les passoires thermiques sont progressivement exclues du marché locatif au titre de la décence énergétique (ecologie.gouv.fr) :
| Date d’entrée en vigueur | Classe interdite de location | Classe minimale exigée |
|---|---|---|
| 1er janvier 2023 | Logements consommant plus de 450 kWh/m²/an d’énergie finale (une partie de la classe G) | — |
| 1er janvier 2025 | Classe G | Classe F |
| 1er janvier 2028 | Classe F | Classe E |
| 1er janvier 2034 | Classe E | Classe D |
S’y ajoute le gel des loyers des logements classés F ou G depuis le 24 août 2022 : aucune augmentation possible entre deux locataires, au renouvellement du bail ou lors de la révision annuelle. En outre-mer, le calendrier est décalé (classe G interdite en 2028, classe F en 2031). Obligations du bailleur, sanctions, recours du locataire et exceptions sont détaillés dans notre guide DPE et location.
À la vente : audit énergétique obligatoire et décote
Il n’est pas interdit de vendre un logement avec une mauvaise classe énergétique. En revanche, pour les maisons individuelles et immeubles en monopropriété, un audit énergétique réglementaire doit être remis à l’acheteur : classes F et G depuis le 1er avril 2023, classe E depuis le 1er janvier 2025, classe D à partir de 2034 (economie.gouv.fr).
L’acheteur, informé de l’ampleur des travaux à prévoir, négocie le prix à la baisse : c’est la « valeur verte ». Selon les Notaires de France, une maison classée G se vend en moyenne 25 % moins cher qu’une maison équivalente classée D (environ 12 % de décote pour un appartement), et chaque classe perdue coûte en moyenne 8 % de la valeur d’une maison (immobilier.notaires.fr).
Comment améliorer la classe énergétique de son logement ?
Pour sortir de la classe F ou G — ou viser la classe D avant les échéances de 2034 —, le point de départ est le rapport du DPE lui-même : il contient des scénarios de travaux chiffrés avec les gains de classe attendus. Trois postes concentrent l’essentiel des gains.
1. Les travaux d’isolation
Une passoire thermique se caractérise d’abord par un manque voire une absence totale d’isolation : jusqu’à 30 % des déperditions de chaleur passent par la toiture. C’est le chantier prioritaire, à mener avant tout changement de chauffage.
L’isolation des combles, de la toiture et des murs permet de grimper d’une à deux classes sur l’étiquette, tout en réduisant durablement la facture de chauffage.
2. Le chauffage et l’eau chaude sanitaire
Le chauffage représente en moyenne près de 60 % du budget énergétique d’un ménage. Remplacer un équipement vétuste au fioul ou au gaz par un système performant fait gagner des classes sur les deux seuils du DPE — énergie et carbone :
- la pompe à chaleur air-eau ou la pompe à chaleur géothermique, qui puise l’énergie du sol ;
- la chaudière au bois ou la chaudière biomasse, alimentée en granulés ou plaquettes forestières ;
- le chauffe-eau thermodynamique, qui récupère les calories de l’air ;
- le chauffe-eau solaire, qui exploite l’énergie du soleil.
Avec le coefficient abaissé à 1,9, le chauffage électrique performant (pompe à chaleur, radiateurs à inertie récents) est par ailleurs mieux valorisé par le DPE depuis 2026.
3. La ventilation
Après isolation, une bonne régulation de l’air intérieur est indispensable : elle évacue l’humidité, protège le bâti et facilite le travail du chauffage. L’installation d’une ventilation mécanique contrôlée (VMC) simple ou double flux est vivement conseillée pour optimiser les échanges d’air.